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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 10:56

migration-circulaire.jpg

 

Partir à l'étranger, revenir, et apporter à son pays d'origine les compétences acquises ailleurs... Sur le papier, la perspective semble idéale. Douce aux oreilles tant des pays d'accueil qui souhaitent limiter l'immigration, que du pays d'origine qui récupérerait une main d'oeuvre riche de compétences nouvelles.

Dans la réalité, rien n'est simple. La principale question est sans doute celle de l'intégration professionnelle des migrants de retour. son pays d'origine peut-il vraiment lui offrir des conditions assez enviables pour qu'il ait le désir de rentrer ?

L'autre question, qui peut sembler plus accessoire mais qui ne l'est pas toujours, est celle de la possibilité du migrant de changer d'avis et de revenir dans le pays d'accueil où il a "fait sa vie". Car, l'Europe s'étant transformée en forteresse, il sait qu'il n'a pas le droit à l'erreur. Le retour ne peut être raté, car il devra être définitif. Sauf... si le migrant a acquis la double nationalité. D'où la stratégie paradoxale, mais très répandue chez les Marocains, de ne revenir chez eux que lorsqu'ils ont obtenu la nationalité de leur pays d'accueil.

 

La question est donc complexe, et les politiques de coopération pas toujours adaptées. Mohamed Bernoussi, secrétaire général du ministère chargé de la Communauté marocaine résidant à l'étranger, a donc fait appel à ses partenaires pour revoir leur copie. Il faut, selon lui "revoir leurs politiques d'aide au développement selon des concepts novateurs et des projets structurants".

 

Beaucoup de travail en perspective...

 

 

Pour en savoir plus :

http://www.lematin.ma/express/Migration-reguliere_Appel-a-la-reinsertion-professionnelle/163025.html

 

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Published by Cécile Bredelet - dans Maroc
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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 13:05

Enfant_et_vieillard.jpgLa dernière enquête du Haut Commissariat au Plan sur la mortalité au Maroc, basée sur les années 2009-2010, révèle une bonne nouvelle : l'espérance de vie des Marocains à la naissance atteint désormais 75 ans. C'est 8 ans de plus qu'en 1987 !

Le score est désormais tout à fait honorable, puisqu'il est proche de celui des pays les plus industrialisés. Ainsi, les Etats-Unis affichaient une espérance de vie de 78 ans en 2009, et la France, de 81 ans. Au Sénégal, en revanche, un bébé naissant en 2009 ne pouvait espérer vivre que 59 ans en moyenne, et un petit centrafricain du même âge, à peine 47 ans.

 

L'amélioration de l'espérance de vie marocaine est largement due à une forte diminution de la mortalité des nouveaux-nés et des enfants de moins de 5 ans. L'amélioration de la prise en charge médicale des naissances y est certainement pour beaucoup. L'élévation du statut de la femme et la diminution de la fécondité seraient également des facteurs positifs.

 

Mieux vaut toutefois habiter en ville qu'à la campagne : les urbains vivent en moyenne 77 ans, contre 72 ans seulement pour les ruraux. Et 4,2 enfants sur 100 n'atteignent pas l'âge de 5 ans à la campagne, contre 3,1 en ville. Un signe de plus, s'il en était besoin, de la dichotomie villes-campagnes qui persistent au Maroc : des réalisations dignes d'un pays développé dans les grandes villes, et des zones rurales négligées, à la traîne, où la vie est dure et l'espoir, mince. De quoi continuer à alimenter l'exode rural et à grossir les bidonvilles que l'on tente aujourd'hui d'éradiquer à coups de bulldozers.

 

Enfin, mieux vaut être une femme qu'un homme, pour espérer vivre une longue retraite : tout comme les femmes du monde entier, les Marocaines vivent plus longtemps que les Marocains : 76 ans contre 73 ans en moyenne.

 

 

Sources :

http://www.lematin.ma/journal/Selon-la-derniere-enquete-du-hcp_L-esperance-de-vie-portee-a-75-ans/162997.html

http://www.leconomiste.com/article/891523-8-ans-d-esp-rance-de-vie-gagn-s-depuis-1987

http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SP.DYN.LE00.IN

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 11:22

Bassima Hakkaoui

Bassima Hakkaoui, la seule femme du gouvernement Benkirane

Les associations féministes du Maroc ne décolèrent pas. Le nouveau gouvernement Benkirane, formé en janvier 2012, ne compte en son sein... Qu'une seule femme ministre. Auquel on a affecté le très "féminin" "ministère de la Solidarité, de la femme, de la famille et du développement social".
Le gouvernement précédent, lors de sa formation en 2007, comptait, lui, 7 femmes, ayant des portefeuilles aussi importants que celui de l'énergie ou encore de la santé.

Plus qu'un recul, alors que que l'on espérait une avancée après les printemps arabes et l'adoption d'une nouvelle constitution au Maroc en juillet 2011, il s'agit d'une véritable insulte pour les féministes. Car le nouveau chef de gouvernement se défend en mettant en avant le critère de la compétence. "N'y aurait-il donc qu'une seule femme assez compétente pour être ministre?" enragent les associations.

La polémique est telle qu'une commission pour l'équité de l'ONU a cru devoir venir au Maroc pour faire sa petite enquête.

Cette polémique est, quoi qu'il en soit, révélatrice de deux réalités dans la société marocaine : d'une part, un machisme profondément enraciné dans la société, qui considèrent les revendications féminines d'égalité comme un sujet mineur, voire... risible. Car, c'est bien connu, les femmes sont satisfaites de leur sort. Les hommes les aiment et les protègent, car ce sont de petites choses fragiles (et incapables de prendre des responsabilités).
L'autre réalité est celle de l'existence d'un mouvement féministe actif, capable de réagir rapidement à toute actualité mettant en cause les progrès de l'égalité homme-femme. Un mouvement pacifique et déterminé, porteur de beaucoup d'espoir pour l'avenir.

Quel est le rôle, dans tout cela, des ONG internationales ?

"L'approche genre" est, on le sait, un thème à la mode chez les grands bailleurs de fonds internationaux. "Genre", par francisation du terme anglais "gender", se rapporte au sexe, dépourvu de sa dimension... sexuelle. Oui oui ! Je m'explique : vous êtes une femme, ou un homme, voilà votre "genre". C'est votre sexe social, si on veut.

Les professionnels du développement estiment en général qu'être un homme ne vous pose aucun problème spécifique, au contraire. Etre une femme, en revanche, vous expose à toutes sortes de discriminations, qu'elles soient inscrites dans la loi ou d'usage. Par exemple, double journée (travail à l'extérieur + travail domestique), exposition aux violences domestiques, difficultés à divorcer, etc. Et... l'accès aux plus hauts postes à responsabilité vous est généralement bloqué. Pour un ensemble de raisons : plus faible scolarisation des filles, manque d'encouragement aux petites filles ambitieuses au sein de la famille, plus faible confiance des pairs dans votre capacité à manager, à compétence égale, responsabilités familiales plus lourdes et fortes pressions pour dégager du temps pour la famille, vous empêchant de vous consacrer autant qu'il le faudrait à vos responsabilités professionnelles de haut niveau, etc., etc.

L'approche genre est la prise en considération de l'ensemble de ces difficultés spécifiques dans la conception des programmes de développement.

L'actualité semble montrer que, malgré de fortes réticences de la société, ce travail n'a pas été vain. L'idée de l'égalité homme-femme fait son chemin au Maroc... Faisons confiance aux femmes marocaines pour défendre leurs droits. Elles sont brillantes, intelligentes et déterminées.
Et on ne change pas une société en un jour.

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 11:29

TGVvsecole.jpg

 

Cette caricature qui circule sur les réseaux sociaux illustre bien la réalité d'un Maroc à deux vitesses.

D'un côté, un Maroc qui avance à la vitesse d'un TGV, à l'image de celui qui reliera bientôt Casablanca et Tanger: c'est le Maroc des affaires, d'une élite qui prétend bénéficier des mêmes services que ceux que l'on trouve dans les pays les plus industrialisés de la planète.

De l'autre côté, un Maroc rural et pauvre, qui se contente de survivre au jour le jour,  et de regarder ébahi cet étalage de richesses auxquelles il n'accédera jamais.

Les deux mondes ne se croisent presque pas, ou du moins ne se parlent pas, car le deuxième Maroc sert le premier en silence, méprisé et presque invisible...

 

 

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 14:33

 

la-baisse-des-graphiquesDans le dernier classement du PNUD, le Maroc rétrograde de la 114e à la 130e place sur 187 pays étudiés, en termes d'indice de développement humain.  Les carences de l'éducation et de la lutte contre la pauvreté sont les principales mises en cause.

 

Sept ans après le lancement de l'Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) et 10 milliards de dirhams dépensés (près de 1 milliard d'euros) sur la période 2006-2010... Comment comprendre (et accepter?) ce mauvais résultat ?

 

Quel pourcentage des dirhams dépensés a-t-il eu un impact réel ?

N'est-il pas temps de revoir en profondeur le fonctionnement de l'INDH afin d'améliorer son efficacité ?

 

 

Sources :

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/developpement-le-maroc-en-baisse_1068889.html

 

http://www.indh.gov.ma/fr/activ_royale125.asp

 

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