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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 23:42

http://farzyat.cjb.ma/images/ecole_maroc_eleve_15092010140445.jpg

Photo parue dans Farzyat/inégalités http://farzyat.cjb.ma/la-dynamique-des-inegalites-deducation-au-maroc-1950-2010

 

L’UNESCO a publié, le 25 janvier dernier, un rapport accablant sur l’état de l’éducation au Maroc. Dans ce document qui a suscité quelques articles de presse avant de retomber dans l’oubli populaire, il était indiqué qu’à la fin de l’école primaire, moins de 50% des enfants marocains sont capables de lire une simple phrase. Oui, vous avez bien lu, moins de 50 % des élèves sont alphabétisés après six longues années d’études. Dans le monde arabe, seule la Mauritanie obtient un résultat aussi catastrophique.

Alors certes, le taux de scolarisation à l’école primaire a fortement augmenté dans le Royaume, passant de 71 % en 1999 à 96 % en 2011… Mais à quoi bon scolariser des enfants qui n’apprennent rien ?

 « Une fracture béante sépare les régions en matière d’acquis scolaires, indique le rapport de l’UNESCO. En Amérique du Nord et en Europe occidentale, 96 % des enfants étudient jusqu’à la 4e année et parviennent au niveau minimal en lecture, contre seulement le tiers des enfants en Asie du Sud et de l’Ouest et les deux cinquièmes en Afrique subsaharienne. » Le Maroc se classe aux côtés de celle-ci parmi les bonnets d’âne.


Le think-thank américain Brookings trace un portrait plus sévère encore du paysage scolaire marocain. Dans son « baromètre de l’apprentissage dans le monde arabe » (The Arab World Learning Barometer) 2014, il indique que 76,5% de nos élèves scolarisés à l’école primaire n’ont pas acquis les compétences de base en matière de lecture et de calcul. Dans l’enseignement secondaire, les élèves sont 64 % à n’avoir pas atteint un niveau minimum correspondant à la 8e année de scolarité.


Le résultat de cette situation en termes économiques ? Je raconterais simplement une anecdote personnelle pour illustrer les dégâts que peut faire ce manque généralisé d’éducation dans la population. Dans un lycée où j’enseigne, je souhaitais utiliser la salle informatique pour mes élèves.  Je demande au surveillant, âgé d’une vingtaine d’années, de vérifier la connexion Internet au moment où il m’ouvrirait la salle. Une affaire d’une minute ou deux, accessible à toute personne âgée de plus de six ans, me dis-je. Mais le surveillant me regarde en prenant l’air hagard, et m’explique qu’il ne sait pas faire…  J’ai beau lui expliquer qu’il suffit d’allumer l’ordinateur et d’ouvrir le navigateur, il reste totalement bloqué… Résultat, la connexion ne marchait pas et mes élèves n’ont pu bénéficier de cette salle équipée pour eux par le lycée. Salle devenue inutile parce qu’un surveillant ne disposait pas du niveau nécessaire pour faire une manipulation aussi simple qu’allumer un modem ou vérifier une connexion web.


Combien de temps et d’énergie sont-ils perdus quotidiennement, dans tout le pays, dans des situations semblables ?

Face au déficit de l’école public, les ménages riches mettent leurs enfants dans les établissements  privés. Mais ils ne sont pas les seuls : les ménages de la classe moyenne, conscients de l’importance d’une éducation de qualité pour l’avenir de leurs enfants, se saignent aussi aux quatre veines pour les scolariser dans le privé, dont les seuls frais de scolarité s’élèvent au minimum à 1500 DH par mois et par enfant, quand ce n’est le double – et ce, sans parler des frais annexes. Malgré les coûts prohibitifs, en 2010-2011, 641 344 élèves, soit plus de 9 % des  sept millions d’élèves marocains du préscolaire au Bac, étaient inscrits dans des écoles privés. Un effectif qui a plus que doublé en sept ans.

Comment justifier que l’Education Nationale soit devenue impropre à éduquer les enfants, et que le privé soit obligé de se substituer à l’Etat ?

On le sait, d’une manière générale, une scolarité plus longue et de bonne qualité se traduit par des revenus plus élevés tout au long de la vie. Mais au-delà du bénéfice individuel, un peuple éduqué permet une hausse de la productivité de la main d’œuvre. De nombreux économistes ont constaté depuis longtemps une corrélation positive entre l’augmentation du niveau d’étude et la croissance d’un pays. 

Si le Maroc veut sortir un jour du sous-développement, il ne pourra faire l’économie d’une vaste réforme de son système scolaire visant à éduquer les masses - et pas seulement une poignée d’enfants de l’élite. 

 

Pour en savoir plus :

http://unesdoc.unesco.org/images/0022/002261/226157f.pdf

http://www.brookings.edu/research/interactives/2014/arab-world-learning-barometer

http://enseignementsuperieur.lavieeco.com/news/Avancee-spectaculaire-des-ecoles-privees-et-des-filieres-scientifiques-et-techniques-18649.html

 

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 16:50

plombier_maroc.jpgLe Maroc est fermement décidé à lancer le chantier du statut d'auto-entrepreneur. Ce régime s'inspirera de l'expérience française, qui a connu un grand succès : après quatre ans d'existence,  la barre des 900.000 auto-entrepreneurs a été franchie en août 2013 en France.

La régime offre des formalités de création d'entreprises allégées, ainsi qu'un mode de calcul et de paiement simplifié des cotisations et contributions sociales et de l'impôt sur le revenu. Il est réservé aux toutes petites entreprises dont le chiffre d'affaires annuel ne dépasse pas un montant modeste (32.600 euros en France). 

 

Pour le Maroc, le défi est double : intégrer plus d'un million de travailleurs actifs dans l'informel, afin de leur assurer une couverture sociale et en percevoir des impôts ; et lutter contre le chômage, notamment le chômage des jeunes, par l'auto-emploi.

C'est de ce dossier brûlant dont a hérité Mamoun Bouhadhoud, ministre délégué auprès du ministre de l'Industrie, du Commerce, de l'investissement et de l'économie numérique, chargé des petites entreprises et de l'intégration du secteur informel. Le titre même de son poste indique l'importance que lui accorde le gouvernement.

Marchands ambulants, petits commerçants, électriciens, soudeurs, et diplômés chômeurs seraient notamment visés par ce nouveau statut. Les fonctionnaires n'en seraient pas exclus.

marchands ambulants, petits commerçants, électriciens, soudeurs - See more at: http://www.leconomiste.com/article/908958-le-statut-auto-entrepreneur-pour-2015#sthash.zuCrIjZn.dpuf

 

S'il y a lieu de se réjouir de formalités simplifiées pour créer son entreprise, et d'espérer qu'un million de familles pourront bénéficier de la protection sociale, il convient d'être prudent sur la capacité de ce régime à lutter contre le chômage. L'entrepreneuriat ne saurait en effet constituer une solution globale à ce problème majeur, dans la mesure où il ne saurait convenir à tous : il nécessite d'avoir un état d'esprit particulier, le goût du risque, la passion d'entreprendre, etc. En outre, le risque d'échec est très élevé dans les premières années de création de l'entreprise.

 

L'auto-entrepreneuriat ne doit pas constituer pour l'Etat un moyen de se désintéresser des chômeurs en leur demandant de se venir en aide eux-mêmes.

 

 

Pour en savoir plus :

 

http://www.lemonde.fr/emploi/article/2013/11/04/la-france-compte-plus-de-914-000-autoentrepreneurs_3508018_1698637.html

http://www.europemaghreb.fr/maroc-vers-un-nouveau-statut-de-lauto-entrepreneur

http://www.leconomiste.com/article/908958-le-statut-auto-entrepreneur-pour-2015

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 20:56

Malgré les efforts en faveur de la lutte contre la pauvreté réalisés par le pays depuis plus d'une décennie, le Maroc reste en queue de peloton en matière de développement humain : son indice de développement humain (IDH) s'établit à 0,591en 2012, ce qui est inférieur à la moyenne mondiale et à la moyenne des pays arabes.

L'IDH du Maroc est 130e sur les 187 pays étudiés, selon le Rapport 2013 de Développement Humain publié par le PNUD,.

Toutefois, l'IDH du Maroc a largement progressé depuis 1980, où il n'atteignait que 0,371.

 

L'IDH est un indice multidimensionnel supposé prendre mieux en compte les différentes dimensions du développement humain que la simple comparaison du PIB. Il intègre des indicateurs mesurant la santé de la population (vie longue et en bonne santé), l'accès à l'éducation et au savoir, et un niveau de revenu décent.

 

Le score du Maroc reste principalement impacté par le niveau d'éducation qui reste très faible, en dépit d'un investissement massif dans la lutte contre l'analphabétisme : en moyenne, les Marocains n'ont passé que 4,4 années de leur vie à l'école.

 

Le revenu national brut par habitant en 2012 était de 4 384 dollars par an (en dollars constants de 2005), soit  36 000 DH environ (3000 DH par mois).

 

En revanche, le Maroc peut être satisfait d'un bon score en matière de santé, puisque l'espérance de vie à la naissance est désormais de 72,4 ans, alors qu'elle n'était que de 57,7 ans en 1980.

 

De grands progrès restent donc à faire pour le développement du pays, notamment en matière d'éducation qui reste le principal point noir du Maroc.

 

 

Pour en savoir plus :

http://hdrstats.undp.org/fr/pays/profils/MAR.html

http://hdrstats.undp.org/images/explanations/MAR.pdf

 

IDH Maroc

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 14:58

 petitefille_noire_vaisselle.jpgLa Déclaration des Droits de l'Enfant est claire: l'enfant n'a pas à travailler. Il doit, au contraire, bénéficier d'un environnement propice à son développement.

 

"L'enfant ne doit pas être admis à l'emploi avant d'avoir atteint un âge minimum approprié; il ne doit en aucun cas être astreint ou autorisé à prendre une occupation ou un emploi qui nuise à sa santé ou à son éducation, ou qui entrave son développement physique, mental ou moral."  affirme, dans son article 9, ce texte ratifié par la plupart des Etats du Monde, dont le Maroc.

 

Le Code du Travail marocain interdit formellement, depuis 2002, l'emploi d'enfants de moins de 15 ans.

 

Et pourtant... De nombreuses familles marocaines continuent à employer ou à chercher à employer des "petites bonnes", ces fillettes issues de familles pauvres, placées par leurs parents pour être taillables et corvéables à merci dans la famille de leur employeur, sans limitation d'horaires, sans sécurité sociale, sans congés payés, sans école, le tout pour un salaire de misère.

 

Le décès de la petite Khadija, 11 ans, petite bonne à El Jadida, suite à des sévices corporels infligés par la famille de son employeur en juillet 2011, a une fois de plus créé l'indignation des associations et de la société civile. Après celui de la petite Zineb, hospitalisée en 2009, au même âge, pour brûlures au fer rouge, à l'huile bouillante, et sévices sur ses parties intimes.

Ces cas ne sont malheureusement pas isolés. Selon Meriem Kamal, responsable de plaidoyer à l’association INSAF pour la protection de l’enfance, les petites bonnes «sont privées de l’affection parentale directe, de l’éducation et de l’instruction, leurs droits fondamentaux sont bafoués et elles sont sujettes à l’exploitation et aux pires formes de violences physiques, psychologiques et sexuelles » [Le Matin, 25/04/12]

 

La situation des petites bonnes donne une place peu glorieuse au Maroc dans la carte mondiale relative au respect des Droits de l'Enfant, établie par Humanium : le Royaume s'affiche en rouge, ce qui correspond à une "situation difficile" pour les Droits de l'Enfant.

 

Ces scandales à répétition ont toutefois eu un effet : en octobre 2011, un projet de loi sur le travail domestique a été adopté en conseil de gouvernement par le précédent exécutif. Parmi les "petites bonnes", il concerne les jeunes filles âgés de 15 à 18 ans, le travail en-dessous de l'âge légal restant formellement interdit. Ce texte prévoit une batterie de mesures au profit des employés de maison : contrat de travail, rémunération au moins égale à la moitié du SMIG, déclaration à la CNSS, congé hebdomadaire, indemnité de licenciement... Il était temps.

 

Las, ce projet de loi n'a toujours pas été adopté au Parlement !

 

L'attitude du nouveau gouvernement à ce sujet est assez ambigue : «(...) faire travailler des enfants n’est pas sujet à une législation, mais doit être abordé en tant que réalité de notre société et être réglé au plus vite » a déclaré au Matin [Le Matin, 25/04/12]  Bassima Hakkaoui, ministre de la Solidarité, de la famille, de la femme, du développement social.

« Nous allons faire en sorte, à travers des conférences et des prises de parole continues ciblant les citoyens, à leur faire réaliser l’ampleur de ce problème et les inciter à nous communiquer tout cas de dépassement observé », a-t-elle poursuivi.

 

Est-ce à dire que le travail des petites bonnes sera, pour le moment, toléré tant qu'il n'y a pas d'abus "pouvant porter atteinte à leur intégrité (exploitation, violence, harcèlement...)" ?

 

Cela ne saurait suffire. Il faut aller beaucoup plus loin, Madame la Ministre...

 

 

Pour en savoir plus:

http://www.droitsenfant.org/normes/declaration-1959/texte-integral-declaration-droits-enfant-1959/

http://www.lematin.ma/journal/Travail-domestique-des-mineurs_Pour-l-eradication-du-travail-des-petites-bonnes/165750.html

http://www.lesoir-echos.com/petites-bonnes-a-quand-une-loi-protegeant-les-domestiques/societe/17887/

http://www.aufaitmaroc.com/maroc/societe/2011/9/5/petites-bonnes-grands-drames

http://www.lesoir-echos.com/enfin-une-loi-sur-le-travail-domestique/societe/32468/

http://www.droitsenfant.com/liste_cide.htm

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 11:13

DSC00013.JPGLe Twin Center, Casablanca

 

Le ministère de l'Habitat marocain a entamé à Beni Mellal, mercredi 2 mai, sa tournée de "concertations régionales" visant à impliquer les acteurs locaux dans une nouvelle politique de la ville. Cette première étape dans le Moyen Atlas a réuni les différents intervenants de la région Souss-Massa-Draâ.

 

Alors que les villes marocaines connaissent une croissance continue de leur population, avec une forte concentration dans les grandes métropoles, et qu'elles sont confrontées à des problématiques d'habitat insalubre et d'exclusion urbaine, il semble en effet urgent de réformer les politiques de la ville. Actuellement, les centres urbains du pays souffrent de dysfonctionnements graves. Ainsi, 25 % à 30 % des citadins habitent dans des quartiers pauvres et sous-équipés, de même que près de 13 % des familles urbaines vivent dans des logements insalubres, soit un total de 556.000 ménages, dont 170.000 habitent des bidonvilles, 242.000 résident dans des habitations clandestines et 144.000 sont installés dans des unités menaçant ruine.

 

La Concertation Nationale sur la Politique de la Ville se veut une plateforme d'échanges et de partage à plusieurs niveaux : concertation interministérielle, concertation avec les régions, et enfin,concertation avec tous les acteurs et citoyens désirant apporter leur contribution au débat. L'objectif du ministère de Mohamed Nabil Benabdallah est de «réduire les facteurs d’exclusion sociale et de promouvoir les villes en tant que lieux privilégiés d’intégration, de création de richesse et de développement socio-économique (...) cette approche devrait renforcer la capacité d’accueil des zones urbaines et rurales et les rendre beaucoup plus capables, à la fois de produire la richesse et la croissance, ainsi que de garantir l’intégration spatiale et la cohésion sociale, pour un développement humain durable et équitable», affirme-t-il.

 

Le projet de Stratégie nationale pour la politique de la ville sera présenté, pour approbation, lors du forum national sur la politique de la ville prévue en juin 2012. On sait d'ores et déjà que les agences urbaines devraient jouer un rôle primordial dans le nouveau dispositif.

 

 

Pour en savoir plus :

http://www.lematin.ma/journal/Politique-de-la-ville_Lancement-des-concertations-regionales/166042.html

http://www.mhuae.gov.ma/Pages/Politique-de-la-Ville.aspx

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 12:10

logo_maghreb_startup.pngLes jeunes maghrébins porteurs de projets innovants ont jusqu'au 30 juin pour déposer leur dossier de candidature en ligne et espérer remporter l'un des prix de la "Maghreb Startup Initiative". Cette compétition, organisée simultanément au Maroc, en Tunisie et en Algérie, vise à encourager les jeunes entrepreneurs qui souhaitent monter une start-up. L'objectif est également de développer des réseaux maghrébins dédiés à la recherche et l’innovation, en consolidant le lien avec la diaspora maghrébine de la Silicon Valley.

 

Les projets peuvent être présentés dans 4  domaines : les biotechnologies ;  l'économie verte ; l'énergie ; et les services IT (téléphonie mobile, sous-traitance, média, communication). Ils doivent avoir un fort contenu innovant.

 

Un jury d'experts de la création d'entreprise sélectionneront les 100 dossiers les plus prometteurs, puis, parmi eux, 25 semi-finalistes. Ces derniers participeront à un "boot camp" en septembre 2012, qui leur donnera les outils pour affiner leurs projets. L'un de ces projets sera sélectionné à ce stade par Intel, pour participer à l'Intel Global Challenge, une compétition internationale de Business Plans.

 

Les cinq équipes gagnantes seront sélectionnées par le jury de la Maghreb Startup Initiative parmi les semi-finalistes en décembre 2012. Les gagnants recevront des prix en espèces, ainsi qu'une formation en développement de business plan et en entrepreneuriat adaptée à leurs besoins. Ils seront mis en relation avec des entreprises de la Silicon Valley afin de les inspirer, les aider à convertir leurs idées en plan d’affaires et partager avec eux les ficelles du métier.

Les gagnants des trois pays seront également invités à participer à une semaine d’échange interculturel et de formation en entrepreneuriat début 2013 en Tunisie.

 

Au Maroc, c'est la Fondation du Jeune Entrepreneur qui est chargée de l'organisation de la Maghreb Star t-up Initiative. Les Marocains sont donc invités à déposer leurs dossiers sur le site web cette organisation : http://www.fjemaroc.ma/

 

 

Pour en savoir plus:

http://www.fjemaroc.ma/images/stories/food/MSI-Note.pdf

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 11:30

femmes_argan.jpg Le gouvernement marocain veut encourager l'économie sociale et solidaire, considérée comme l'un des piliers de la lutte contre la pauvreté. Le ministère des Affaires générales et de la gouvernance, qui a en charge l'économie sociale et solidaire, a annoncé une accélération de la stratégie nationale 2010-2020.

 

Cette dernière vise  tout d'abord à encourager la création des coopératives en leur fournissant un accompagnement post-création, dans le cadre du programme Mourafaka ; et à faciliter la commercialisation des produits  grâce à l'organisation de salons et à la création d'espaces dédiés dans les aéroports et les supermarchés. Côté information et communication, un Observatoire de l’économie sociale et solidaire va être créé, et le secteur aura son portail web dédié. Enfin, l'économie sociale et solidaire sera à l'avenir mieux encadrée par la législation, qui créerait notamment un cadre propice au commerce équitable. 

 

Si ces diverses mesures sont louables, elles sembles limitées pour plusieurs raisons. Tout d'abord, l'économie sociale et solidaire ne peut à elle seule induire le développement d'une zone ; le chiffre d'affaires, le bénéfice de ces activités restent faibles et les emplois créés, faiblement qualifiés, sont peu rémunérés. - généralement en-dessous du salaire minimum légal. Il faudrait donc inclure l'économie sociale et solidaire dans un projet global qui encouragerait également l'économie classique, soutiendrait les PME et les grandes entreprises, etc. Dès lors, il pourrait être bénéfique de mettre l'économie sociale et solidaire sous tutelle du ministère de l'Economie, au même titre que les secteurs classiques.

D'autre part, il faudrait absolument viser une hausse de la rémunération des travailleurs et travailleuses de l'économie sociale et solidaire pour espérer une efficacité en termes de lutte contre la pauvreté.

 

L'avenir de l'économie sociale et solidaire est sans doute dans le concept de commerce équitable. qui seul, permettrait de rémunérer les producteurs à un prix décent, en faisant appel à la solidarité des consommateurs. qui acceptent de payer plus cher ces produits. Le gouvernement en est conscient et a lancé ce chantier. La tâche est d'envergure, car la certification des produits "commerce équitable" est un processus complexe et coûteux pour des coopératives et associations. La prise en charge de ce processus par les autorités pourrait être une solution.

 

Qu'est-ce que l'économie sociale et solidaire?

 

Elle est définie comme l'ensemble des associations, mutuelles, coopératives et fondations ayant une activité marchande. Leur vocation et sociale et elles fonctionnent sur le principe de solidarité entre leurs membres. Leur mode de financement est mixte, composé des recettes de leur activité marchande, des subventions, et de la contribution éventuelle de bénévoles.

 

 

Pour en savoir plus :

http://www.lematin.ma/journal/Developpement-sectoriel_Un-programme-charge-pour-l-economie-sociale/165807.html

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 12:26

proposition-CCR-12-regions.JPG

Proposition de la Commission Consultative de la Régionalisation pour un nouveau découpage régional

   

Le Maroc, pays traditionnellement très centralisé, semble aujourd'hui s'être engagé résolument sur la route de la décentralisation. La nouvelle constitution marocaine de juillet 2011 en consacre le principe dans son article premier, qui énonce: "L’organisation territoriale du Royaume est décentralisée, fondée sur une régionalisation avancée". 

Une bonne nouvelle pour les partisans de la démocratie locale et pour les professionnels du développement territorial, qui sont convaincus que le développement doit être pensé à une échelle inférieure à la Nation.

 

La décentralisation du Royaume est un processus qui a commencé au lendemain de l'indépendance, et qui s'est accéléré ces dernières années.

 

Quelques dates clés :  

 

- 1959 : Décret sur la division administrative du Royaume.

- 1971 : Division du Maroc en 7 régions.

- 1992 : Les régions acquièrent le statut de collectivités locales avec une vocation culturelle et sociale.

- 2001 : Lancement du programme d'appui à l'aménagement du territoire.

- 2006 : Les régions ont leur budget propre.

- 2009 : Amendement de la Charte Communale dans le sens d'un renforcement des pouvoirs communaux.

- 2010 : Discours royal sur la régionalisation avancée.

- Juillet 2011 : la nouvelle constitution consacre le principe de la décentralisation et de la régionalisation avancée dans son article premier.

 

Depuis 2009, les communes travaillent activement à la mise en oeuvre de leur Plan Communal de Développement. Un chantier de grande envergure qui les oblige à acquérir toute une série de nouvelles compétences : planification territoriale stratégique, processus participatif pour inclure la population et les différents acteurs de leur territoire dansle développement, etc.

 

Quant à la régionalisation avancée, qui doit s'appuyer sur un nouveau découpage régional (voir la carte ci-dessus), elle n'a pas encore été traduite dans la loi.

 

La clé de la réussite de la décentralisation reposera certes dans l'acquisition de compétences au niveau des collectivités locales, mais aussi dans un véritable transfert de budgets qui permettra à ces collectivités d'être véritablement autonomes face aux autorités déconcentrées de l'état.

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 13:36

sourire2.jpgLe "Rapport sur le Bonheur mondial", commandé par l'ONU à la prestigieuse Université Columbia, aux Etats-Unis, donne une place peu flatteuse au Maroc. Interrogés  par Gallup sur la qualité générale de leur vie, qu'ils devaient évaluer sur une échelle de 0 à 10, les Marocains  ont répondu en moyenne qu'elle était inférieure à 5/10... Ce qui place le Royaume 105e sur 156 pays en termes de perception du bien-être. Juste derrière le Bangladesh, l'un des pays les plus pauvres du monde!

Ce sont les pays nordiques qui se classent en tête : Danemark, Finlande et Norvège trustent le podium. Comme si le froid était corrélé à une excellente qualité de vie.

 

Les autres enquêtes donnent des résultats similaires. Ainsi, l'indice du bonheur, qui porte sur 100 pays et comprend des questions sur la vie en général, place l'Islande est tête, suivi de la Nouvelle Zélande et du Danemark. Le Maroc est pour sa part dans le bas du classement, en 58e position sur 100, juste devant le Bangladesh cette fois-ci (maigre victoire!). 

 

Enfin, interrogés sur leur bonheur moyen la veille du jour où ils ont été interrogés, les Marocains ont évalué en moyenne leur bonheur à 65 %, ce qui les place à la 90e place sur 146 pays, juste derrière... l'Afghanistan, l'Ouganda et le Soudan. Loin devant le dernier de la liste cependant, le Togo, dont le bonheur moyen la veille du sondage atteint à peine 25 %.

 

Ces mesures subjectives appellent la question: "Qu'est-ce que le bonheur ?". Selon les auteurs du rapport, la perception du bonheur ne saurait se résumer à un niveau de revenu. Elle est corrélée également à la santé, au niveau d'éducation, à la situation familiale,  à l'âge, au sexe, à la communauté, au temps dont on dispose, etc. etc.

 

Et c'est justement sur la définition et la mesure du bien-être que le Haut Commissariat au Plan (HCP) marocain a décidé de travailler, main dans la main avec l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Lors de la conférence africaine sur le bien-être, que les deux institutions co-organisaient le 19 avril à Rabat, Mario Pezzini, directeur du Centre de développement de l’OCDE, a souligné que «le PIB ne peut pas refléter le bien-être des citoyens. Car pour mesurer le niveau de satisfaction de la population, nous devons penser en termes de valeurs»[L'Economiste, 23/04/12].

Pour le moment, cette organisation privilégie trois types de facteurs pour mesurer le bien-être des populations : la qualité de vie, notamment en matière de santé, d’éducation, de travail, de relations sociales ; les conditions matérielles, reflétées par le revenu, la qualité du logement, etc. ; et enfin, la durabilité, avec la préservation du capital humain, environnemental et économique. Pour améliorer ces indicateurs, l'OCDE a lancé une plate-forme d'échanges, avec l'indice "Your better life index".

 

Et Ahmed Lahlimi, Haut Commissaire au plan, de renchérir lors de la même conférence: «le progrès social est évalué par des mesures objectives, mais aussi par le ressenti de la population». Il a souhaité que la statistique institutionnelle prenne en charge la mesure de ces différents indicateurs. Le HCP a déjà commencé à s'y intéresser, puisqu'il a réalisé une étude sur le bien-être dans la vie du citoyen.

 

Mais avec tout cela... A quand une amélioration du bien-être des Marocains?

Patience... Comme aurait dit Saint-Just : le bonheur est une idée neuve au Maroc !

 

 

Pour en savoir plus :

http://www.demainonline.com/2012/04/08/selon-lonu-le-pays-du-makhzen-est-parmi-les-plus-malheureux-au-monde/

http://issuu.com/earthinstitute/docs/world-happiness-report/31

http://www.leconomiste.com/article/893642-le-hcp-veut-mesurer-le-bien-tre-des-citoyens

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 10:52

prise_tension.jpgLe Maroc manque cruellement de médecins et de personnel de santé. On s'en doutait, mais là, c'est l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui le dénonce. Le rapport du ministère de la Santé, réalisé avec l'OMS , est sans appel. Il révèle que le Maroc souffre d'une carence aigue en matière de personnel soignant, et figure parmi les 57 mauvais élèves de l'organisation mondiale. Ce rapport a fait "boum" début avril, à l'occasion de la discussion sur le budget alloué au ministère de la santé.

 

Pour 1000 habitants, on comptait à peine 1,64 personnel soignant en 2007... Alors que l'OMS recommande un ratio minimum de 2,5. A titre de comparaison, la France comptait, sur la période 2002-2006, 11,4 médecins, infirmiers et techniciens pour 1000 habitants, soit sept fois plus que le Maroc.

 

Mais ce n'est pas tout. La répartition du personnel soignant dans le Royaume est très inégale. Les médecins sont en effet beaucoup plus concentrés dans certaines régions, en l'occurence celle de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer et du Grand Casablanca, que, par exemple, la région Taza-Al Hoceima-Taounate, qui compte quatre fois moins de docteurs en médecine par habitant.

Les statistiques sur les médecins exerçant dans le privé sont révélatrices de l'attractivité respectives des différentes régions : 50 % des médecins privés exercent dans l'axe Rabat-Casablanca ! Là où l'on trouve les populations les plus solvables, mais aussi, sans doute, les villes où ces professionnels ont fait leur vie, se sont marié(e)s, après  y avoir , pour beaucoup d'entre eux, étudié pendant une dizaine d'années. Quant à l'extrême sud, les spécialistes exerçant dans le privé le fuient comme la peste. Face à cette situation, le rapport pointe du doigt l'absence d'une carte sanitaire, qui permettrait de rééquilibrer l'offre de personnel soignant en fonction des besoins.

 

Enfin, la répartition du personnel de santé entre les différentes professions posent elles-même problème. Ainsi, les spécialités médicales de base : chirurgie générale, gynécologie, pédiatrie et anesthésie-réanimation, ne représentent que 14% de l’effectif des spécialités existantes dans le secteur public... Alors même qu'elles sont indispensables pour le développement d'une politique de santé permettant l’atteinte des objectifs du Millénaire pour le Développement  qui mettent la priorité sur la santé maternelle et infantile.

Il est par ailleurs étonnant de constater que le personnel paramédical, pourtant beaucoup moins coûteux à former que les médecins, est  bien trop rare. Le Maroc comptait à peine 1,6 infirmiers(ères) et technicien(nes) par médecin pendant la période 2002-2006, contre 2,3 en France par exemple. Leur effectif total stagne depuis 1999, malgré des besoins accrus. Une explication à cette situation réside sans doute dans le fait que la plupart de ce personnel paramédical exerce dans le secteur public, ce qui limite l'attractivité de la profession en termes de salaire.

 

Les problèmes sont donc multiples et, étant donné la longueur des études médicales, ne pourront être résorbés à court terme. Le gouvernement s'est fixé pour objectif la formation de 3300 médecins supplémentaires d'ici 2020, ce qui permettrait de porter, avec l'hypothèse de 2 paramédicaux pour un médecin, la densité de personnel soignant à 3,2 pour 1000 habitants en 2020. Un chiffre qui dépasseraient les objectifs de l'OMS. Cependant, ce scénario implique la création de pas moins de 7 facultés de médecine et CHU supplémentaires...

 

D'autres pistes gagneraient certainement à être examinées. A commencer par l'attractivité de la profession. Une revalorisation des salaires des médecins et personnel paramédical permettraient sûrement de susciter de nouvelles vocations. L'établissement d'une carte sanitaire sur le territoire national est bien sûr indispensable ; mais il faudrait l'allier avec un système de primes pour le personnel soignant qui accepterait de se rendre dans les régions les moins densément médicalisées. Et pourquoi pas, octroyer des bourses à de futurs médecins, infirmiers et techniciens en formation, qui s'engageraient à rester quelques années dans ces régions au terme de leurs études.

 

En outre, le fait qu'un conjoint soit employé dans une région devrait être pris en considération dans les affectations., tant pour les hommes que pour les femmes. Le système actuel d'affectation n'accorde qu'une faible place aux désirs des médecins, provoquant parfois des drames comme le déchirement d'une famille. Ce qui avait provoqué la révolte des femmes médecins en 2008, qui ont finalement obtenu gain de cause.

 

Il est temps de mettre en place un système cohérent, équilibré, qui permette à la fois de garantir au personnel soignant des conditions de travail dignes et justes, et de répondre aux besoins  présents et futurs de la population en termes de santé.

 

 

Pour en savoir plus :

http://www.yabiladi.com/articles/details/9876/l-oms-epingle-secteur-sante-maroc.html

http://srvweb.sante.gov.ma/Documents/Demographie-Medicale.pdf

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Published by Cécile Bredelet - dans Maroc
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