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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 02:21

Corruption 2Transparency International a révélé le classement 2013 des pays les plus corrompus du monde, basé sur la perception des habitants des différents pays du monde sur la corruption du secteur public.

Sans surprise, le classement du Maroc est médiocre, avec un score de "propreté" de 37/100, loin, très loin derrière le Danemark et la Nouvelle Zélande, les pays les moins corrompus du monde, dont le score s'élève à 91/100.

Malgré ce score qui n'invite guère à la fierté, le Maroc occupe le 91e moins mauvais rang sur 177, ce qui signifie que 86 pays font pire en termes de corruption...

 

Mais ce classement de Transparency International a d'autres révélations à nous faire. En effet, lorsqu'on le compare au classement des pays les plus riches du monde, en termes de PIB/habitant*, on constate des similarités frappantes. De fait, nous retrouvons 16 des 20 pays les moins corrompus du Monde parmi les 20 pays les plus riches ! Et dans le bas du tableau, le constat est le même : 13 des 20 pays les plus corrompus de la planète appartiennent au club peu envié des Pays les Moins Avancés (PMA).

 

Dès lors, la corruption est-elle la conséquence de la pauvreté, ou le sous-développement, la conséquence de la corruption ?  Certains voudront peut-être défendre la première hypothèse. Quant à moi, il me semble relativement évident que le lien de cause à effet va dans le sens corruption -> pauvreté.

 

En effet, comment espérer développer une économie lorsque les chances de réussite individuelle dépendent, non pas du mérite et du travail, mais du montant du pot-de-vin que l'on est capable de donner? Dans un tel schéma, l'accès aux richesses reste verrouillé, dans les mains des classes dirigeantes qui, seules, ont les moyens financiers d'accéder aux marchés.  Le népotisme, qui donne l'accès aux postes de direction aux héritiers aux dépens des talents externes, tend à créer des dirigeants qui cherchent davantage à conserver le pouvoir qu'à aboutir à un quelconque résultat pour l'entreprise. Le système est donc créateur d'inefficacité économique. 

 

De son côté, le petit peuple n'a aucun intérêt à donner le meilleur de lui-même au travail, puisque de toute façon, il ne pourra pas dépasser le plafond de verre qui l'empêche d'accéder aux bons postes. Il lui reste le choix entre se résigner, et se révolter. Dans la violence et dans le sang. Or, l'instabilité politique est sociale est, nous le savons, tout sauf propice à la croissance économique.

 

 

*Source : Banque Mondiale, données 2012. Cf lien ci-dessous.

 

Pour en savoir plus :

http://issuu.com/transparencyinternational/docs/cpi2013_brochure_single_pages?e=2496456/5813913

http://data.worldbank.org/indicator/NY.GDP.PCAP.CD/countries?display=default

http://www.nationsonline.org/oneworld/least_developed_countries.htm

 

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 10:28

papier découpéIl y a un an, en pleine pré-campagne électorale, alors qu'il tentait le tout pour le tout pour baisser les chiffres de l'immigration, l'ancien gouvernement Fillon avait publié la  très controversée "circulaire Guéant", du nom du ministre de l'intérieur de l'époque, qui bloquait l'accès au marché du travail français aux étrangers diplômés en France. Son abrogation était une promesse de campagne du candidat François Hollande : c'est désormais chose faite.

 

Pour le symbole, le nouveau gouvernement en a fait l'annonce le 31 mai 2012, un an jour pour jour après sa publication.

 

Cette circulaire absurde encourageait les préfectures de police à refuser tout visa de travail aux étudiants étrangers ayant obtenu des diplômes français. Y compris pour les plus brillants d'entre eux, sortis des plus grandes écoles, auxquels les patrons français faisaient un pont d'or. La France avait donc dépensé, pendant des années, des dizaines de milliers d'euros pour former chacun d'entre eux, et ce en pure perte, pour ne jamais profiter de cette matière grise? Voici une drôle de façon de poursuivre l'intérêt national.

 

La nouvelle circulaire demande aux préfets de "réexaminer prioritairement les dossiers déposés depuis le 1er juin 2011" et de "délivrer aux intéressés une autorisation provisoire de séjour de six mois, non renouvelable, avec autorisation de travail, ou, pour ceux qui ont une promesse d'embauche, un récépissé avec autorisation de travail durant l'instruction de leur dossier".

 

Voici de quoi donner un peu d'air aux diplômés étrangers des écoles et universités française, et de réparer quelques injustices. Fatma Chouaïeb, porte-parole du Collectif du 31 mai créé pour combattre la circulaire Guéant,  se montre satisfaite : la priorité donnée au réexamen des dossiers déposés depuis le 1er juin 2011 "était le point principal de nos discussions avec les interlocuteurs des trois ministères". la nouvelle circulaire "vise à réparer les dommages immédiats de la circulaire Guéant. Il y a environ 300 personnes qui sont sous le coup de ce texte, mais ce chiffre est loin de refléter la réalité", a-t-elle ajouté. [Le Nouvel Observateur, 05/06/2012]

 

Pour en savoir plus :

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20120605.OBS7532/la-nouvelle-circulaire-sur-les-diplomes-etrangers-remise-aux-prefets.html

http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/05/31/la-circulaire-gueant-sur-les-etudiants-etrangers-abrogee-ce-jeudi_1710020_823448.html

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 18:59

champ ptA force de courir après l'accessoire, on en oublie souvent l'essentiel. Et c'est ce qu'ont fait beaucoup de pays qui ont privilégié leurs exportations à une agriculture capable de nourrir ses habitants. 

 

Aucun secteur économique ne réunit autant de paradoxes que l'agriculture. Essentiel, stratégique, le secteur agricole est pourtant souvent méprisé. Pour deux raisons.  Premièrement, le paysan, celui qui cultive, est associé à une image de personne arriérée, en retard sur la modernité. Il est d'autant plus déconsidéré qu'il est généralement pauvre. Ce qui nous amène à la deuxième raison pour laquelle ce secteur est injustement négligé : l'agriculture est pauvrement productrice de richesses. Sa valeur ajoutée est faible, et pour les pays exportateurs, elle rapporte peu de devises. Il est beaucoup plus rentable, si l'on a la vue courte, d'investir dans des secteurs de technologie de pointe, par exemple. Pourtant, on ne mange pas les téléphones portables !

 

Enfin, selon la théorie des avantages comparatifs énoncée par David Ricardo, mieux vaut se concentrer sur un secteur où l'on a un avantage concurrentiel sur ses partenaires commerciaux, et leur acheter les biens pour lesquels on n'a pas d'avantage, plutôt que produire tout chez soi. Selon cette théorie, le Maroc aura intérêt à produire des agrumes, mais pas des pommes de terre, qu'elle pourra acheter à la Chine, par exemple. Mais alors, que faire si la Chine ne veut plus vendre ses pommes de terre?

 

Car la réalité est loin d'être aussi simple que dans le monde parfait des théories. Et lorsque l'on parle d'agriculture, il est impossible de ne pas évoquer le thème de la sécurité alimentaire. Etre dépendant de l'extérieur pour nourrir sa population est dangereux. On l'a vu depuis 2008, lorsque le prix des denrées alimentaires a flambé sur les marchés internationaux, provoquant des émeutes de la faim dans plusieurs régions du monde. De fait, disposer d'une agriculture suffisamment forte et sécuriser son approvisionnement alimentaire est encore plus essentiel pour un Etat que de sécuriser son apprivisionnement énergétique. Avec l'accroissement de la population mondiale et la raréfaction des terres cultivables, ce thème ne pourra que prendre de l'importance à l'avenir.

 

Une agriculture forte

 

Comment peut-on avoir une agriculture forte? Le seul moyen est de rendre la paysannerie suffisamment attractive. Car si les paysans vivent dans la misère, ils déserteront leurs champs pour aller grossir les bidonvilles à la périphérie des métropoles. Or, augmenter le revenu paysan revient, en première approximation, à augmenter le prix des denrées agricoles. Ce qui revient à mettre en péril la capacité des plus pauvres d'acheter de quoi se nourrir. Inacceptable. L'équation semble à première vue insoluble !

 

Elle ne l'est pourtant pas. Ainsi, on peut augmenter la surface cultivée par paysan. Un nombre plus réduit d'entre eux, possédant de plus grandes parcelles, pourra gagner un revenu suffisant. Mais gare à l'industrialisation de l'agriculture et à ses excès. Les populations des pays industrialisés en paient les conséquences sur leur santé, avec l'abus de pesticides et d'engrais qui ont pollué sols et eau, la baisse de la variété des produits agricoles. Surtout, la surexploitation des sols rend la terre de moins en moins productive.

 

Il y a également la subvention directe aux paysans. Ou à la production. L'Union Européenne en a fait l'expérimentation, mais elle peine toujours à trouver un modèle acceptable.

 

Enfin, Lester Brown, agronomiste américain, nous a montré une nouvelle voie pour nourrir le monde. Non seulement les 7 milliards d'êtres humains actuels, dont 1,1 milliard souffrant de la faim ; mais aussi les 9 milliards que nous devrions être d'ici 2050. Cette voie, c'est l'éco-économie.

 

L'éco-économie est un concept à la fois révolutionnaire et multimillénaire, qui consiste à utiliser au mieux les ressources. Economiser l'eau. Multiplier les usages d'une même ressource et tirer profit de ce qui nous semble aujourd'hui être un déchet. Nourrir les ruminants avec les résidus de culture, comme l'Inde le met en oeuvre aujourd'hui, au lieu de laisser pourrir ces derniers. Utiliser le fumier de ces ruminants comme engrais ou comme combustible. Elever des poissons dans les rizières, pour profiter doublement de toute cette eau dépensée, comme cela est pratiqué en Chine. D'autant que les déjections des poissons  fertilisent la terre. Chaque système agricole peut voir sa productivité ainsi multipliée.

 

A l'opposé de l'agriculture productiviste que l'on nous a donné comme modèle, ce concept est probablement l'avenir de la production agricole.

 

 

"Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors vous découvrirez que l'argent ne se mange pas."
Proverbe amérindien.

 

 

 

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 10:20

picsou_dette.jpg Alors que des millions de gens, de par le monde, perdent leurs maison, leur travail ou leur gagne-pain, et que des Etats eux-même menacent de faire faillite, certains ne connaissent pas la crise !

Les milliardaires n'ont jamais été aussi nombreux de par le monde, nous annonce le magazine Forbes. Cette année, ils ne sont pas moins de 1226 à figurer dans le classement, dont 8% de femmes. Le record de 2011, 1210 milliardaires, est donc battu. La fortune cumulée de ces super-riches est de 4600 milliards de dollars, soit plus que le PIB de l'Allemagne, 4e puissance économique mondiale.

 

C'est le Mexicain Carlos Slim, magnat des médias, qui est l'homme le plus riche du monde pour la 3e année consécutive, avec une fortune estimée à 69 milliards de dollars. Il est suivi de près par l'Américain Bill Gates (61 milliards), lui-même talonné par son ami et compatriote Warren Buffet (44 milliards). Le Français Bernard Arnault (LVMH) et l'Espagnol Amancio Ortega (Zara) sont respectivement les 4e et 5e homme le plus riche du monde.

 

Le Maroc compte pour sa part officiellement trois milliardaires, Miloud Chaabi (immobilier Ynna Holding, 2,9 milliards), Othman Benjelloun (BMCE Bank 2,3 milliards) et Anas Sefrioui (immobilier Addoha, 1,6 milliard).

 

Dans les périodes de graves difficultés économiques, il est fréquent que certains s'enrichissent en surfant sur la crise, alors que d'autres fortunes se défont. Mais la grande crise qui frappe le monde depuis 2008 n'est, de toute évidence, pas celle de ceux qui sont en haut de l'échelle. La liste des milliardaires n'a que peu changé ces dernières années... Elle se contente de s'allonger. Reste à comprendre pourquoi.

 

 

Pour en savoir plus:

http://www.liberation.fr/depeches/01012394638-les-milliardaires-n-ont-jamais-ete-aussi-nombreux-dans-le-monde

http://www.aujourdhui.ma/aufildesjours-details87142.html

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 11:16

eausurfeuille.jpg Un forum mondial se tient depuis lundi à Marseille sur la ressource la plus précieuse de la planète, sans laquelle aucune vie n'est possible : l'eau.

Quelque 20 000 participants de 140 pays y sont attendus, parmi lesquels plusieurs chefs d'état. Car l'accès à l'eau potable et à l'assainissement est un enjeu majeur pour l'Humanité. Sans "or bleu", pas de conditions de vie décentes, pas d'agriculture suffisamment productive pour nourrir les hommes... Et sans assainissement, les épidémies et les maladies feraient des ravages. Actuellement, neuf êtres humains sur 10 ont accès à l'eau potable. Mais 2,5 milliards ne disposent pas de toilettes.

 

L'eau est à la fois très abondante et rare. En effet, si les 2/3 de la Terre est couverte d'océans, cette eau n'est pas directement exploitable par les hommes. Seule une eau douce et non polluée peut être exploitée pour nos besoins. Or, cette précieuse ressource, déjà trop rare dans certains pays, voit ses réserves diminuer à cause du changement climatique et de la pollution.

"Ce n'est rien moins que le futur de l'eau qui se décide à Marseille", a déclaré Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l'eau, qui organise ce forum. L'accès à l'eau potable sera au centre des discussions, ainsi que le partage de l'eau entre certains Etats. En effet, 15 % des pays importent au moins la moitié de leurs ressources en eau. De quoi créer des tensions. La France a déjà annoncé lundi, le financement de projets en Afrique à hauteur de 40 millions d'euros avec la Banque africaine de développement (BAD).

Le Maroc est particulièrement intéressé à ce forum. En effet, le pays est en "stress hydrique" quasi-permanent. Cette année encore, la campagne agricole est annoncée mauvaise à cause des faibles pluies, ce qui devrait lui coûter pas moins de 1 à 2 points de croissance du produit intérieur brut (PIB). Le gouvernement vient d'ailleurs de débloquer 1,5 milliard de dirhams pour sauver le cheptel des éleveurs marocains, menacé par la sécheresse.

 

Pour en savoir plus

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/12/le-forum-mondial-de-l-eau-s-ouvre-lundi-a-marseille_1656244_3244.html

http://www.yabiladi.com/articles/details/9357/forum-mondial-l-eau-maroc-coince.html

http://www.jeuneafrique.com/actu/20120313T085916Z20120313T085914Z/forum-de-l-eau-paris-annonce-des-financements-d-aide-a-l-afrique.html

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 10:38

nombre_de_pauvres_Banque_mondiale-copie-1.gif

 

La Banque Mondiale vient d'annoncer une très bonne nouvelle : le nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté dans le monde est en recul. En 2008, il avait régressé pour la troisième année consécutive, et ce, dans toutes les régions du monde en développement.

Ce recul est relativement constant depuis 15 ans, comme l'illustre le graphique. En 1981, près de 2 milliards de personnes vivaient avec moins de 1,25 dollar US par jour. En 2008, à dollar constant, ils n'étaient plus "que" 1,29 milliard, malgré l'augmentation de la population mondiale. Au Moyen Orient et Afrique du Nord, l'extrême pauvreté concernait 16,5 millions de personnes en 1981, et seulement la moitié (8,6 millions) en 2008.

 

2008 est la dernière année pour laquelle des données complètes sont disponibles. Depuis cette date, l'extrême pauvreté aurait continué à régresser, selon les études préliminaires de la Banque Mondiale. Le premier objectif du Millénaire pour le développement - réduire de moitié à l'horizon 2015, par rapport à 1990, le nombre de personnes vivant dans une extrême pauvreté - semble en passe d'être gagné.

 

Toutefois, ne crions pas victoire trop vite : le nombre de personnes vivant juste au-dessus du seuil de l'extrême pauvreté n'a, lui, que faiblement diminué : 2,49 milliards d'êtres humains subsistaient avec moins de 2$ par jour (dollar constant) en 2008, soit à peine moins qu'en 1981, où ils étaient 2,57 milliards.

 

 

Pour en savoir plus :

http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/ACCUEILEXTN/NEWSFRENCH/0,,contentMDK:23130122~menuPK:51200699~pagePK:34370~piPK:34424~theSitePK:1074931,00.html

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