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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 13:56

DollardollarIl y a quelque chose de choquant à lire les commentaires réjouis sur l'évolution de la demande intérieure marocaine, portée par "l’évolution positive de l’encours des crédits à la consommation" [Le Matin, 26 mars 2012]. Ce type de prêts a encore augmenté de 10,5 % en 2011. Idem pour les crédits immobiliers (+10,7 %), qui ne sont rien d'autre qu'un type particulier de crédit à la consommation.

Traduction ? Les Marocains vivent aujourd'hui à crédit. N'ayant pas les moyens d'acheter les biens qu'ils convoitent, ils ont recours aux établissements bancaires pour y trouver les liquidités qui leur manquent. Et tout le monde applaudit des deux mains, comme si ces crédits, ils ne faudrait pas les rembourser, en se serrant la ceinture et en diminuant sa consommation quotidienne. Comme s'il s'agissait d'une création magique de richesses à partir de rien.

 

Pourtant, le monde entier paye, et payera longtemps, les excès du crédit à la consommation. Petit rappel de l'histoire récente :

 

- Eté 2007 : la "crise des subprimes" éclate aux Etats-Unis. Trop d'Américains ont reçu des crédits pour acheter leurs maisons, alors qu'ils n'avaient pas les moyens de les rembourser. Résultats : des banques dans le monde entier, détentrices de ces prêts qui ne valent plus rien, sont à genoux. Des milliers de familles se retrouvent à la rue.

 

- 2008 : la crise bancaire se transforme en crise financière, puis en crise économique mondiale. Les banques ne voulant plus prêter, les échanges se raréfient, le commerce aussi. Tous les secteurs sont touchés. 

 

- 2008 toujours : Les ménages espagnols ayant reçu trop de crédits immobilier qu'ils n'avaient pas les moyens de rembourser, sur la base d'une hausse continue du marché de l'immobilier depuis plusieurs années, la bulle immobilière espagnole éclate. Cela vous rappelle quelque chose ?

... C'est la fin du "miracle espagnol".

 

- Fin 2009 : la Grèce entame la pire crise budgétaire de son histoire.  Pourquoi ? Parmi les explications le fait que, avec leurs salaires bas et la vie chère, les Grecs vivaient depuis longtemps à crédit.

 

- 2010, 2011 : A cause de la crise grecque, la zone euro craint pour sa survie. D'autant plus que la crise de la dette souveraine menace d'autres pays de la zone : Portugal, Irlande, Italie, Espagne.

 

- 2012 : A qui le tour? ...

 

A chaque fois, le même scénario se répète : un système bancaire trop laxiste alimente excessivement en crédits des ménages fragiles, avec la bénédiction des autorités qui se réjouissent des effets sur la croissance. Car effectivement, la consommation induite par ces crédits fait gonfler, sur le moment, la croissance. Mais cet effet ne peut être que temporaire : car il faut bien que quelqu'un, à terme, paye. Et si ceux qui ont pris le crédit n'y parviennent pas... les effets, ont l'a vu, peuvent être dévastateurs.

 

Pour autant, les crédits ne sont pas "le mal". Ils sont précieux pour huiler la machine de l'économie, permettre l'investissement. Les crédits bancaires aux entreprises, les microcrédits destinés aux activités génératrices de revenu, permettent de générer du chiffre d'affaires, qui permettra le remboursement du crédit en plus du développement de l'activité.

Mais les crédits à la consommation doivent être maniés avec précaution. Car ils génèrent une baisse du revenu disponible du ménage. Et s'ils représentent une ponction trop importante dans ce revenu, des populations entières peuvent tomber dans le surendettement et la trappe de la pauvreté.

 

Il est temps d'en prendre conscience et de cesser de l'encourager.... Avant qu'il ne soit trop tard.

 

 

Pour en savoir plus :

http://www.lematin.ma/journal/Conjoncture_La-consommation-des-menages-en-hausse/164437.html

http://www.leconomiste.com/article/892136-les-cr-dits-bancaires-en-petite-forme

http://www.france24.com/fr/20111021-economie-europeenne-crise-dette-grece-infographie-explication-banque-bourse-systemique

 

 

 

 

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 14:07

etudiants.jpg Le gouvernement marocain vient d'annoncer une simplification de la procédure d'équivalence des diplômes pour les jeunes Marocains ayant effectué leurs études à l'étranger. Désormais, l’équivalence des diplômes sera du ressort du seul ministère de l’Enseignement supérieur. Jusqu'alors, les titulaires de diplômes étrangers devaient en effet demander une double équivalence, l'une au ministère de l’Enseignement supérieur ("équivalence scientifique") et l'autre au ministère de la Modernisation des secteurs public (ne pas rire!) pour y obtenir une "équivalence administrative".

 

Cette mesure devrait surtout faciliter l'accès à la fonction publique à ces jeunes, parfois diplômés des meilleures universités du monde. En effet, dans le secteur privé, on demande rarement une équivalence, un diplôme étranger y étant considéré comme un atout plutôt que comme un handicap.

 

Cette simplification est une nouvelle bienvenue au moment où, en France, la circulaire Guéant rend encore plus difficile aux étudiants étrangers installés en France d'y rester après leur diplôme pour y travailler.

 

Mais on ne saurait se satisfaire d'une mesure si peu ambitieuse. Le Maroc devrait également travailler, en sens inverse, sur l'équivalence des diplômes marocains à l'étranger. Ce travail de longue haleine, qui devra être mené par la voie diplomatique, permettra de faire reconnaître les formations d'excellence qui existent dans ce pays. Car pour l'instant, les diplômés de l'enseignement supérieur marocain sont généralement regardés avec méfiance dans les pays développés.

Un tel travail exige, bien sur, de veiller sur la qualité des diplômes nationaux et de combattre la pratique des diplômes généreusement accordés à tous les étudiants pourvu qu'ils paient les coûteux frais de scolarité.

 

Pour en savoir plus :

http://www.yabiladi.com/articles/details/9443/etudiants-marocains-l-etranger-l-equivalence-diplomes.html

 

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 10:20

picsou_dette.jpg Alors que des millions de gens, de par le monde, perdent leurs maison, leur travail ou leur gagne-pain, et que des Etats eux-même menacent de faire faillite, certains ne connaissent pas la crise !

Les milliardaires n'ont jamais été aussi nombreux de par le monde, nous annonce le magazine Forbes. Cette année, ils ne sont pas moins de 1226 à figurer dans le classement, dont 8% de femmes. Le record de 2011, 1210 milliardaires, est donc battu. La fortune cumulée de ces super-riches est de 4600 milliards de dollars, soit plus que le PIB de l'Allemagne, 4e puissance économique mondiale.

 

C'est le Mexicain Carlos Slim, magnat des médias, qui est l'homme le plus riche du monde pour la 3e année consécutive, avec une fortune estimée à 69 milliards de dollars. Il est suivi de près par l'Américain Bill Gates (61 milliards), lui-même talonné par son ami et compatriote Warren Buffet (44 milliards). Le Français Bernard Arnault (LVMH) et l'Espagnol Amancio Ortega (Zara) sont respectivement les 4e et 5e homme le plus riche du monde.

 

Le Maroc compte pour sa part officiellement trois milliardaires, Miloud Chaabi (immobilier Ynna Holding, 2,9 milliards), Othman Benjelloun (BMCE Bank 2,3 milliards) et Anas Sefrioui (immobilier Addoha, 1,6 milliard).

 

Dans les périodes de graves difficultés économiques, il est fréquent que certains s'enrichissent en surfant sur la crise, alors que d'autres fortunes se défont. Mais la grande crise qui frappe le monde depuis 2008 n'est, de toute évidence, pas celle de ceux qui sont en haut de l'échelle. La liste des milliardaires n'a que peu changé ces dernières années... Elle se contente de s'allonger. Reste à comprendre pourquoi.

 

 

Pour en savoir plus:

http://www.liberation.fr/depeches/01012394638-les-milliardaires-n-ont-jamais-ete-aussi-nombreux-dans-le-monde

http://www.aujourdhui.ma/aufildesjours-details87142.html

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 16:54

vaccination bebe Maroc Une très bonne nouvelle pour la justice sociale est tombée hier mardi : le Régime d'Assistance Médicale (Ramed) vient enfin d'être généralisé au Maroc. Il permettra aux ménages les plus pauvres d'avoir accès à une couverture santé. Cette petite révolution vise pas moins de 28 % de la population du pays, soit 8,5 millions de personnes. 

Elle concerne avant tout les travailleurs du secteur informel et leurs familles. Qu'ils soient eux-mêmes microentrepreneurs, ou salariés non déclarés, ils n'étaient jusqu'alors couverts par aucune assurance. La Ramed leur permettra de bénéficier gratuitement d'une large gamme de soins, allant de la médecine générale aux soins dentaires, en passant par les médicaments, les soins obstétriques, les radios, les lunettes, les opérations chirurgicales, la rééducation fonctionnelle, etc.

 

Les ménages considérés comme en étant de "pauvreté absolue" ne paieront rien pour bénéficier de la Ramed, tandis que les ménages "pauvres relatifs" contribueront à hauteur de 120 DH (11€) par personne et par an, dans la limite de 600 DH (53€)  par ménage. Pour déterminer si un ménage est bénéficiaire, et dans quelle catégorie (pauvreté "absolue" ou "relative"), les autorités se basent sur une méthode complexe de calcul, basée principalement sur le revenu par tête en zone urbaine et sur le patrimoine en zone rurale. Mais la procédure est relativement simple pour le bénéficiaire : il doit simplement remplir un formulaire auprès de l'autorité locale compétente. 

 

Reste à espérer que l'Etat fera en sorte d'informer tous les bénéficiaires potentiels. Et bien sûr, qu'il veillera à ce que la corruption ne vienne pas fausser la donne, en octroyant le bénéfice de la Ramed à des ménages largement pourvus, alors que les plus pauvres resteraient à l'écart.

 

Mais en attendant, ne boudons pas notre plaisir ! Et applaudissons l'introduction de cette importante mesure pour des millions de Marocains.

 

Pour en savoir plus :

http://www.leconomiste.com/article/892226-le-ramed-g-n-ralis-aujourd-hui

http://www.assurancemaladie.ma/anam.php?id_espace=4&id_srub=7&id_rub=4

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 11:16

eausurfeuille.jpg Un forum mondial se tient depuis lundi à Marseille sur la ressource la plus précieuse de la planète, sans laquelle aucune vie n'est possible : l'eau.

Quelque 20 000 participants de 140 pays y sont attendus, parmi lesquels plusieurs chefs d'état. Car l'accès à l'eau potable et à l'assainissement est un enjeu majeur pour l'Humanité. Sans "or bleu", pas de conditions de vie décentes, pas d'agriculture suffisamment productive pour nourrir les hommes... Et sans assainissement, les épidémies et les maladies feraient des ravages. Actuellement, neuf êtres humains sur 10 ont accès à l'eau potable. Mais 2,5 milliards ne disposent pas de toilettes.

 

L'eau est à la fois très abondante et rare. En effet, si les 2/3 de la Terre est couverte d'océans, cette eau n'est pas directement exploitable par les hommes. Seule une eau douce et non polluée peut être exploitée pour nos besoins. Or, cette précieuse ressource, déjà trop rare dans certains pays, voit ses réserves diminuer à cause du changement climatique et de la pollution.

"Ce n'est rien moins que le futur de l'eau qui se décide à Marseille", a déclaré Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l'eau, qui organise ce forum. L'accès à l'eau potable sera au centre des discussions, ainsi que le partage de l'eau entre certains Etats. En effet, 15 % des pays importent au moins la moitié de leurs ressources en eau. De quoi créer des tensions. La France a déjà annoncé lundi, le financement de projets en Afrique à hauteur de 40 millions d'euros avec la Banque africaine de développement (BAD).

Le Maroc est particulièrement intéressé à ce forum. En effet, le pays est en "stress hydrique" quasi-permanent. Cette année encore, la campagne agricole est annoncée mauvaise à cause des faibles pluies, ce qui devrait lui coûter pas moins de 1 à 2 points de croissance du produit intérieur brut (PIB). Le gouvernement vient d'ailleurs de débloquer 1,5 milliard de dirhams pour sauver le cheptel des éleveurs marocains, menacé par la sécheresse.

 

Pour en savoir plus

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/12/le-forum-mondial-de-l-eau-s-ouvre-lundi-a-marseille_1656244_3244.html

http://www.yabiladi.com/articles/details/9357/forum-mondial-l-eau-maroc-coince.html

http://www.jeuneafrique.com/actu/20120313T085916Z20120313T085914Z/forum-de-l-eau-paris-annonce-des-financements-d-aide-a-l-afrique.html

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 20:20

petitspains.jpegCette année encore, les finances publiques  marocaines vont être lourdement grevées par le poids de la Caisse de compensation, nous annonce-t-on. en 2011, elle aurait représenté de 41 à 45 milliards de dirhams (environ 4 milliards d'euros) soit... 20 % du budget de l'Etat marocain ! Pis, ces 45 milliards représentent exactement le montant du déficit budgétaire. En faisant un raccourci facile, on peut dire que sans les dépenses de compensation, le budget aurait donc été à l'équilibre...

 

Or, cela fait des années que cette caisse, qui subventionne la farine, le sucre, le gaz et les produits pétroliers, fait l'objet de polémiques. en effet, cette vénérable institution, créée en 1941, a pour mission tacite de bénéficier aux plus pauvres, en permettant un prix très faible du pain, du gaz domestique et d'autres produits de base. Mais la farine et le sucre subventionnés fabriqueraient plus de gâteaux que de pain ; les bouteilles de gaz des familles pauvres représenteraient peu face à l'essence consommée par les familles aisées possédant une voiture. Et finalement, ce serait les plus riches qui seraient les premiers bénéficiaires de cette très coûteuse mesure d'Etat en faveur du pouvoir d'achat.

 

Mais réformer la Caisse de compensation n'est pas chose facile. La remplacer par des mesures plus justes et plus ciblées - par exemple la subvention directe des ménages nécessiteux - serait risquer de mettre à mal la paix sociale. Quel gouvernement laisserait exploser le prix du pain ? On se souvient que son quasi-doublement avait été l'une des causes de la Révolution française...

 

Le nouveau gouvernement d'Abdelilah Benkirane semble pourtant décidé à s'attaquer au problème. Le ministre délégué auprès du chef de gouvernement chargé des Affaires générales et de la gouvernance, Najib Boulif, a indiqué  vouloir limiter les charges de compensation à 42 milliards de dirhams en 2012 contre 52 milliards de dirhams en 2011. Sans trop détailler comment il comptait y parvenir. La suppression de la caisse n'a pas été évoquée.

 

Dans un contexte de printemps arabes, la Caisse de compensation, garante de la paix sociale, a sans doute de beaux jours devant elle...

 

 

Pour en savoir plus :

http://www.entreprendre.ma/Au-Maroc-la-caisse-de-compensation-pese-lourd-au-budget-de-l-etat_a4782.html

http://www.yabiladi.com/articles/details/9261/maroc-sucre-petrole-vont-encore.html

http://www.infomediaire.ma/news/maroc/caisse-de-compensation-le-gouvernement-annonce-la-couleur

http://www.unmondelibre.org/El_Moussaoui_caisse_Compensation_Maroc_160811

 

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 19:14

convention_pour_promouvoir_la_creation_dentreprises_m.jpg

Signature du partenariat entre l'AFEM et la Fondation de la Banque Populaire à Rabat (MAP)

 

Depuis 2007, l'Association Marocaine des Femmes chefs d'Entreprise du Maroc (AFEM) a lancé un concept novateur au Maroc : celui d'"incubateurs" pour les femmes entrepreneuses. Le rôle de ces espaces dédiés est de "couver" les jeunes entreprises ou projets d'entreprises jusqu'à ce qu'elles soient prêtes à  prendre leur envol.

Les femmes entrepreneuses "incubées" bénéficient d'un accompagnement à la création d'entreprise, d'un accès à des bureaux équipés, de formations et de coaching pendant 18 mois. L'idée est de favoriser l'entrepreneuriat au féminin, dans un Maroc où les femmes ont encore du mal à réaliser leur potentiel professionnel.

 

Le premier incubateur de l'AFEM a été créé à Casablanca, suivi de Rabat en 2009, El Jadida en 2011, et Fès en 2012. Deux autres pourraient prochainement voir le jour à Marrakech et à Tanger. Au total, 55 entreprises ont déjà été créées grâce à ces incubateurs. A Rabat, l'incubateur vient de rouvrir après 2 ans de fermeture. Pour cela, l'AFEM a signé le 6 mars dernier une nouvelle convention avec la fondation «Création d’Entreprise» du groupe Banque populaire.

 

Toute femme intéressée, marocaine ou étrangère, souhaitant créer son entreprise au Maroc, peut s'adresser directement à l'AFEM pour demander les coordonnées de l'incubateur dans sa ville.

Mesdames, à vous de jouer !

 

 

Pour en savoir plus :

http://www.afem.ma/incubateurs/presentation.html

http://www.lematin.ma/journal/Afin-de-promouvoir-l-entrepreneuriat-feminin_L-accompagnement-par-les-incubateurs/163637.html

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 10:38

rubanrougeSIDAPar rapport à d'autres, le Maroc est un pays relativement épargné par le SIDA, avec "seulement" 30 000 porteurs du virus estimés à fin 2010. Mais ce nombre pourrait augmenter, car les professionnels constatent des pratiques dangereuses et irresponsables dans la population. Les préjugés et les tabous autour du sexe sont souvent la cause d'un défaut d'information sur la maladie, avec ses conséquences mortelles.

Ainsi, la plupart des clients des prostitués refusent le préservatif, mettant ainsi en danger tant cette personne qu'eux-mêmes. Les homosexuels, autre population à risque, sont également une majorité à ne pas se protéger. Le reste de la population ignore souvent, ou préfère ignorer, les risques qu'elle court. Les jeunes, en particulier, débutent leur vie sexuelle sans avoir reçu l'information dont ils auraient besoin, ni de leurs parents, ni de l'école.

Face à cette réalité, un plan stratégique national de lutte contre le SIDA a  été mis en place dans le Royaume depuis 2002.

 

SIDA et VIH

 

Rappelons que le SIDA est une maladie chronique qui attaque le système immunitaire, la capacité du corps à réagir face aux maladies. Le virus du SIDA, le VIH, se transmet principalement par le sang et le sperme. D'où un taux de contamination particulièrement élevé parmi les drogués utilisant la méthode de l'injection, et parmi les professionnels du sexe. Les relations homosexuelles masculines sont également particulièrement risquées, du fait des microlésions créées par les pratiques homosexuelles courantes, qui créent un contact sang-sperme. Au Maroc, 84% des contaminations se font par la voie sexuelle, selon la direction de l’épidémiologie du ministère de la Santé.

Une personne peut, pendant une dizaine d'années, être porteuse du VIH sans aucun symptôme. Il est alors fréquent que cette personne, si elle n'a pas été dépistée, ignorant sa maladie, la transmette à d'autres.

Lorsque le SIDA se déclenche, le malade perd rapidement ses forces, maigrit, attrappe tous les microbes de son environnement, et finit par mourir en l'absence de traitement.

 

Comment se prémunir contre le SIDA ?

 

Une seule solution: la prévention. Utilisez toujours un préservatif (masculin ou féminin) si vous avez des relations sexuelles multiples. Si vous avez un seul partenaire, la protection peut être retirée après 3 mois, après un test montrant l'absence de contamination au VIH. Bien entendu, la fidélité des partenaires est importante : 24 % des Marocaines séropositives ont été contaminées par leur mari, selon la direction de l’épidémiologie.

En ce qui concerne la contamination sanguine, n'utilisez jamais une seringue déjà utilisée par une autre personne. en revanche, ne craignez pas de donner votre sang, les médecins prennent les précautions nécessaires en termes de stérilité du matériel.

Si vous avez un doute, mieux vaut se faire dépister le plus tôt possible. Sachez que les traitements d'aujourd'hui ont de bons résultats et permettent de mener une vie quasi-normale. Plus la maladie est prise tôt, meilleures sont vos chances.

Par ailleurs, le SIDA ne s'attrappe pas par la simple fréquentation d'une personne séropositive. Il n'y a aucun risque à la toucher, l'embrasser, manger avec elle ou utiliser les mêmes toilettes.Il est en revanche important pour ces personnes de continuer à mener une vie la plus normale possible, alors, ne les excluons pas !

 

Pour en savoir plus :

http://www.lematin.ma/journal/Journee-mondiale-de-la-femme_Une-pensee-aux-seropositives/163383.html

http://data.unaids.org/pub/Report/2008/jc1348_morocco_response_highlights_fr.pdf

http://www.chu-toulouse.fr/-prevention-contre-le-sida-

 

N'hésitez pas à me contacter pour toute question :

email.jpg

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 13:28

marchands de légumesTout comme les petites et moyennes entreprises (PME), les très petites entreprises (TPE) sont cruciales dans l'économie d'un pays. Notamment dans celle d'un pays en développement. Porteuses d'un dynamisme économique important et d'un fort potentiel d'innovation, elles annoncent le visage de l'économie de demain.

Il faut donc les aider, les accompagner, encourager leur création : sur cela, tout le monde est d'accord. Mais que faire dans le cas de TPE... informelles ? Ces entreprises non déclarées qui ne paient aucun impôt au fisc? Au Maroc, leur nombre est considérable : elles représenteraient près de 40 % de l'emploi non agricole. Si certains, au gouvernement ou parmi les chefs de grandes entreprises, les accusent de tous les maux, d'autres leur reconnaissent un rôle important. Elles seraient un filet de sécurité social qui permet aux ménages démunis d'avoir des revenus.

Le rôle de l'Etat marocain face à l'informel est d'ailleurs ambigu : n'a-t-il pas voulu et soutenu un puissant secteur du microcrédit, qui finance dans les 3/4 des cas des activités informelles ?

 

Face à cette question, le gouvernement actuel, tout comme le précédent, semble avoir opté pour  une approche en douceur. L'incitation à la formalisation de l'activité. Pour cela, le taux de l'impôt sur les sociétés faisant un chiffre d'affaires de moins d'un million de dirhams a été réduit à 15% en 2011, au lieu de 30 % pour les autres entreprises. Mais la mesure n'a eu que peu d'impact : seules 6500 entreprises sont sorties de la clandestinité l'année dernière, alors que plusieurs centaines de milliers seraient concernées. Il faut dire que la question fiscale n'est pas forcément le seul problème. La méfiance toute marocaine vis-a-vis de l'administration, des documents et de l'écrit, dans un pays où l'analphabétisme reste très important, y serait pour beaucoup.

 

Pour autant, le gouvernement ne se décourage pas. Des pistes pour aller plus loin sur la question des impôts pour les PME et TPE seront examinées lors de prochaines assises fiscales, a annoncé le ministre de l'Economie marocain, Nizar Baraka. Il souhaite aussi favoriser le financement de ces entreprises, en améliorant les garanties offertes par l'Etat. Cela suffira-t-il à réduire le poids de l'informel ? Peut-être, mais il est permis d'en douter. en revanche, cela permettra sans doute de faciliter un peu la vie des chefs de petites entreprises, ce qui n'est déjà pas mal.

 

Pour en savoir plus :

http://www.leconomiste.com/node/883371

http://www.financenews.press.ma/portail/?tmpl=component&print=1&option=com_content&id=7508

http://www.leconomiste.com/article/891723-baraka-annonce-des-assises-fiscales

http://www.leconomiste.com/article/891456-informeldes-pistes-pour-fiscaliser-l-conomie-parall-le

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 16:12

alphabetisation-femmes-D-copie.jpgS'il y aurait fort à redire sur l'école marocaine, il est une lutte qui a  dont le Royaume peut être fier : celle qui est menée depuis près  d'une décennie contre l'analphabétisme.

Le Maroc comptait en effet 43 % d'analphabètes âgés de plus de 10 ans en 2004, selon les données du dernier recensement général. Ils ne seraient désormais plus que 30 %, selon le Ministère de l'Education Nationale.

Les femmes, qui étaient les premières victimes de l'analphabétisme, sont les premières bénéficiaires de la  Stratégie nationale d’alphabétisation qui a été lancée en 2004. Ce combat a été mené conjointement par l'Etat, les ONG et les entreprises. Au total, plus de 5 millions de personnes auraient bénéficié, depuis 8 ans, des programmes visant à apprendre à lire et à écrire aux adultes.

De leur côté, les enfants, et notamment les petites filles, sont de plus en plus scolarisés. 97,5 % des enfants de 6 à 11 ans allaient à l'école en 2010-2011, selon les chiffres officiels.

 

Il est certes trop tôt pour crier victoire : il reste 30 % d'analphabètes dans le pays, dont les 3/4 sont des femmes. Les Marocaines vivant en zone rurale sont même 64 % à ne savoir ni lire, ni écrire, selon l'enquête du Ministère de l'Education Nationale.

Enfin, l'alphabétisation n'est pas, en soi, une solution pour l'intégration professionnelle ou l'émancipation des femmes. A peine constitue-t-elle un outil, parmi d'autres, pour y parvenir.

 

Ne nous privons pas, toutefois, du plaisir de nous féliciter de cette jolie performance.

Et surtout, continuons le combat...

 

Pour en savoir plus :

http://www.lematin.ma/journal/Lutte-contre-l-analphabetisme_Le-taux-d-alphabetisation-a-progresse-de-13A-pourcent/163494.html

http://www.lesoir-echos.com/alphabetiser-ne-suffit-pas-il-faut-inserer/societe/33058/

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