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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 13:36

sourire2.jpgLe "Rapport sur le Bonheur mondial", commandé par l'ONU à la prestigieuse Université Columbia, aux Etats-Unis, donne une place peu flatteuse au Maroc. Interrogés  par Gallup sur la qualité générale de leur vie, qu'ils devaient évaluer sur une échelle de 0 à 10, les Marocains  ont répondu en moyenne qu'elle était inférieure à 5/10... Ce qui place le Royaume 105e sur 156 pays en termes de perception du bien-être. Juste derrière le Bangladesh, l'un des pays les plus pauvres du monde!

Ce sont les pays nordiques qui se classent en tête : Danemark, Finlande et Norvège trustent le podium. Comme si le froid était corrélé à une excellente qualité de vie.

 

Les autres enquêtes donnent des résultats similaires. Ainsi, l'indice du bonheur, qui porte sur 100 pays et comprend des questions sur la vie en général, place l'Islande est tête, suivi de la Nouvelle Zélande et du Danemark. Le Maroc est pour sa part dans le bas du classement, en 58e position sur 100, juste devant le Bangladesh cette fois-ci (maigre victoire!). 

 

Enfin, interrogés sur leur bonheur moyen la veille du jour où ils ont été interrogés, les Marocains ont évalué en moyenne leur bonheur à 65 %, ce qui les place à la 90e place sur 146 pays, juste derrière... l'Afghanistan, l'Ouganda et le Soudan. Loin devant le dernier de la liste cependant, le Togo, dont le bonheur moyen la veille du sondage atteint à peine 25 %.

 

Ces mesures subjectives appellent la question: "Qu'est-ce que le bonheur ?". Selon les auteurs du rapport, la perception du bonheur ne saurait se résumer à un niveau de revenu. Elle est corrélée également à la santé, au niveau d'éducation, à la situation familiale,  à l'âge, au sexe, à la communauté, au temps dont on dispose, etc. etc.

 

Et c'est justement sur la définition et la mesure du bien-être que le Haut Commissariat au Plan (HCP) marocain a décidé de travailler, main dans la main avec l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Lors de la conférence africaine sur le bien-être, que les deux institutions co-organisaient le 19 avril à Rabat, Mario Pezzini, directeur du Centre de développement de l’OCDE, a souligné que «le PIB ne peut pas refléter le bien-être des citoyens. Car pour mesurer le niveau de satisfaction de la population, nous devons penser en termes de valeurs»[L'Economiste, 23/04/12].

Pour le moment, cette organisation privilégie trois types de facteurs pour mesurer le bien-être des populations : la qualité de vie, notamment en matière de santé, d’éducation, de travail, de relations sociales ; les conditions matérielles, reflétées par le revenu, la qualité du logement, etc. ; et enfin, la durabilité, avec la préservation du capital humain, environnemental et économique. Pour améliorer ces indicateurs, l'OCDE a lancé une plate-forme d'échanges, avec l'indice "Your better life index".

 

Et Ahmed Lahlimi, Haut Commissaire au plan, de renchérir lors de la même conférence: «le progrès social est évalué par des mesures objectives, mais aussi par le ressenti de la population». Il a souhaité que la statistique institutionnelle prenne en charge la mesure de ces différents indicateurs. Le HCP a déjà commencé à s'y intéresser, puisqu'il a réalisé une étude sur le bien-être dans la vie du citoyen.

 

Mais avec tout cela... A quand une amélioration du bien-être des Marocains?

Patience... Comme aurait dit Saint-Just : le bonheur est une idée neuve au Maroc !

 

 

Pour en savoir plus :

http://www.demainonline.com/2012/04/08/selon-lonu-le-pays-du-makhzen-est-parmi-les-plus-malheureux-au-monde/

http://issuu.com/earthinstitute/docs/world-happiness-report/31

http://www.leconomiste.com/article/893642-le-hcp-veut-mesurer-le-bien-tre-des-citoyens

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 10:52

prise_tension.jpgLe Maroc manque cruellement de médecins et de personnel de santé. On s'en doutait, mais là, c'est l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui le dénonce. Le rapport du ministère de la Santé, réalisé avec l'OMS , est sans appel. Il révèle que le Maroc souffre d'une carence aigue en matière de personnel soignant, et figure parmi les 57 mauvais élèves de l'organisation mondiale. Ce rapport a fait "boum" début avril, à l'occasion de la discussion sur le budget alloué au ministère de la santé.

 

Pour 1000 habitants, on comptait à peine 1,64 personnel soignant en 2007... Alors que l'OMS recommande un ratio minimum de 2,5. A titre de comparaison, la France comptait, sur la période 2002-2006, 11,4 médecins, infirmiers et techniciens pour 1000 habitants, soit sept fois plus que le Maroc.

 

Mais ce n'est pas tout. La répartition du personnel soignant dans le Royaume est très inégale. Les médecins sont en effet beaucoup plus concentrés dans certaines régions, en l'occurence celle de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer et du Grand Casablanca, que, par exemple, la région Taza-Al Hoceima-Taounate, qui compte quatre fois moins de docteurs en médecine par habitant.

Les statistiques sur les médecins exerçant dans le privé sont révélatrices de l'attractivité respectives des différentes régions : 50 % des médecins privés exercent dans l'axe Rabat-Casablanca ! Là où l'on trouve les populations les plus solvables, mais aussi, sans doute, les villes où ces professionnels ont fait leur vie, se sont marié(e)s, après  y avoir , pour beaucoup d'entre eux, étudié pendant une dizaine d'années. Quant à l'extrême sud, les spécialistes exerçant dans le privé le fuient comme la peste. Face à cette situation, le rapport pointe du doigt l'absence d'une carte sanitaire, qui permettrait de rééquilibrer l'offre de personnel soignant en fonction des besoins.

 

Enfin, la répartition du personnel de santé entre les différentes professions posent elles-même problème. Ainsi, les spécialités médicales de base : chirurgie générale, gynécologie, pédiatrie et anesthésie-réanimation, ne représentent que 14% de l’effectif des spécialités existantes dans le secteur public... Alors même qu'elles sont indispensables pour le développement d'une politique de santé permettant l’atteinte des objectifs du Millénaire pour le Développement  qui mettent la priorité sur la santé maternelle et infantile.

Il est par ailleurs étonnant de constater que le personnel paramédical, pourtant beaucoup moins coûteux à former que les médecins, est  bien trop rare. Le Maroc comptait à peine 1,6 infirmiers(ères) et technicien(nes) par médecin pendant la période 2002-2006, contre 2,3 en France par exemple. Leur effectif total stagne depuis 1999, malgré des besoins accrus. Une explication à cette situation réside sans doute dans le fait que la plupart de ce personnel paramédical exerce dans le secteur public, ce qui limite l'attractivité de la profession en termes de salaire.

 

Les problèmes sont donc multiples et, étant donné la longueur des études médicales, ne pourront être résorbés à court terme. Le gouvernement s'est fixé pour objectif la formation de 3300 médecins supplémentaires d'ici 2020, ce qui permettrait de porter, avec l'hypothèse de 2 paramédicaux pour un médecin, la densité de personnel soignant à 3,2 pour 1000 habitants en 2020. Un chiffre qui dépasseraient les objectifs de l'OMS. Cependant, ce scénario implique la création de pas moins de 7 facultés de médecine et CHU supplémentaires...

 

D'autres pistes gagneraient certainement à être examinées. A commencer par l'attractivité de la profession. Une revalorisation des salaires des médecins et personnel paramédical permettraient sûrement de susciter de nouvelles vocations. L'établissement d'une carte sanitaire sur le territoire national est bien sûr indispensable ; mais il faudrait l'allier avec un système de primes pour le personnel soignant qui accepterait de se rendre dans les régions les moins densément médicalisées. Et pourquoi pas, octroyer des bourses à de futurs médecins, infirmiers et techniciens en formation, qui s'engageraient à rester quelques années dans ces régions au terme de leurs études.

 

En outre, le fait qu'un conjoint soit employé dans une région devrait être pris en considération dans les affectations., tant pour les hommes que pour les femmes. Le système actuel d'affectation n'accorde qu'une faible place aux désirs des médecins, provoquant parfois des drames comme le déchirement d'une famille. Ce qui avait provoqué la révolte des femmes médecins en 2008, qui ont finalement obtenu gain de cause.

 

Il est temps de mettre en place un système cohérent, équilibré, qui permette à la fois de garantir au personnel soignant des conditions de travail dignes et justes, et de répondre aux besoins  présents et futurs de la population en termes de santé.

 

 

Pour en savoir plus :

http://www.yabiladi.com/articles/details/9876/l-oms-epingle-secteur-sante-maroc.html

http://srvweb.sante.gov.ma/Documents/Demographie-Medicale.pdf

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 13:14

http://www.lesafriques.com/images/stories/j83/01_commerce-intraAfricain.jpgAlors que le Vieux Continent s'enfonce dans la crise, le Maroc dispose d'un marché naturel et en pleine croissance pour ses exportations : l'Afrique subsaharienne. Las, la part du Royaume dans le commerce africain reste très faible 11,7 milliards de dirhams (près d'un milliard d'euros) soit 0,26 % de part de marché, indique un rapport de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF). Un peu mieux qu'en 2000 (0,14 %) mais largement derrière l'Afrique du Sud et le Nigéria, très dynamiques sur la partie subsaharienne du continent, dans laquelle ils détiennent respectivement 4,2 % et 2,8 % de parts de marché.

 

Si le commerce sud-sud a largement progressé, on le doit essentiellement à... la Chine, qui a avancé progressivement ses pions. Le géant asiatique était devenu en 2010 le premier partenaire commercial de l'Afrique subsaharienne avec 15,1 % des parts de marché, dépassant la France qui y faisait pourtant le double de son poids 10 ans plus tôt.

 

La faible performance du Maroc, malgré une volonté affichée de développer les échanges commerciaux avec cette zone, serait due «à plusieurs facteurs qui relèvent principalement des structures économiques, de la faiblesse des infrastructures et des marchés financiers, des mécanismes de financement ainsi que de la non application des protocoles commerciaux », affirme le rapport, qui avoue que les efforts de la diplomatie commerciale marocaine en Afrique subsaharienne est timide.

 

Et si le problème était avant tout culturel et historique ? Séparée de l'Afrique méridionale par la barrière du désert saharien, le Maroc a de longue date tourné son regard et ses espoirs vers l'Europe. Et même si cette dernière n'a peut-être plus autant à offrir, il n'est pas facile de changer de perspective. C'est comme trahir un amour...

 

Pour en savoir plus :

http://www.lesoir-echos.com/le-maroc-afrique-a-bout-de-souffle/economie/49406/

http://www.lematin.ma/journal/Commerce-exterieur_Les-exportations-vers-l-Afrique-en-nette-evolution/165072.html


 

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 18:59

champ ptA force de courir après l'accessoire, on en oublie souvent l'essentiel. Et c'est ce qu'ont fait beaucoup de pays qui ont privilégié leurs exportations à une agriculture capable de nourrir ses habitants. 

 

Aucun secteur économique ne réunit autant de paradoxes que l'agriculture. Essentiel, stratégique, le secteur agricole est pourtant souvent méprisé. Pour deux raisons.  Premièrement, le paysan, celui qui cultive, est associé à une image de personne arriérée, en retard sur la modernité. Il est d'autant plus déconsidéré qu'il est généralement pauvre. Ce qui nous amène à la deuxième raison pour laquelle ce secteur est injustement négligé : l'agriculture est pauvrement productrice de richesses. Sa valeur ajoutée est faible, et pour les pays exportateurs, elle rapporte peu de devises. Il est beaucoup plus rentable, si l'on a la vue courte, d'investir dans des secteurs de technologie de pointe, par exemple. Pourtant, on ne mange pas les téléphones portables !

 

Enfin, selon la théorie des avantages comparatifs énoncée par David Ricardo, mieux vaut se concentrer sur un secteur où l'on a un avantage concurrentiel sur ses partenaires commerciaux, et leur acheter les biens pour lesquels on n'a pas d'avantage, plutôt que produire tout chez soi. Selon cette théorie, le Maroc aura intérêt à produire des agrumes, mais pas des pommes de terre, qu'elle pourra acheter à la Chine, par exemple. Mais alors, que faire si la Chine ne veut plus vendre ses pommes de terre?

 

Car la réalité est loin d'être aussi simple que dans le monde parfait des théories. Et lorsque l'on parle d'agriculture, il est impossible de ne pas évoquer le thème de la sécurité alimentaire. Etre dépendant de l'extérieur pour nourrir sa population est dangereux. On l'a vu depuis 2008, lorsque le prix des denrées alimentaires a flambé sur les marchés internationaux, provoquant des émeutes de la faim dans plusieurs régions du monde. De fait, disposer d'une agriculture suffisamment forte et sécuriser son approvisionnement alimentaire est encore plus essentiel pour un Etat que de sécuriser son apprivisionnement énergétique. Avec l'accroissement de la population mondiale et la raréfaction des terres cultivables, ce thème ne pourra que prendre de l'importance à l'avenir.

 

Une agriculture forte

 

Comment peut-on avoir une agriculture forte? Le seul moyen est de rendre la paysannerie suffisamment attractive. Car si les paysans vivent dans la misère, ils déserteront leurs champs pour aller grossir les bidonvilles à la périphérie des métropoles. Or, augmenter le revenu paysan revient, en première approximation, à augmenter le prix des denrées agricoles. Ce qui revient à mettre en péril la capacité des plus pauvres d'acheter de quoi se nourrir. Inacceptable. L'équation semble à première vue insoluble !

 

Elle ne l'est pourtant pas. Ainsi, on peut augmenter la surface cultivée par paysan. Un nombre plus réduit d'entre eux, possédant de plus grandes parcelles, pourra gagner un revenu suffisant. Mais gare à l'industrialisation de l'agriculture et à ses excès. Les populations des pays industrialisés en paient les conséquences sur leur santé, avec l'abus de pesticides et d'engrais qui ont pollué sols et eau, la baisse de la variété des produits agricoles. Surtout, la surexploitation des sols rend la terre de moins en moins productive.

 

Il y a également la subvention directe aux paysans. Ou à la production. L'Union Européenne en a fait l'expérimentation, mais elle peine toujours à trouver un modèle acceptable.

 

Enfin, Lester Brown, agronomiste américain, nous a montré une nouvelle voie pour nourrir le monde. Non seulement les 7 milliards d'êtres humains actuels, dont 1,1 milliard souffrant de la faim ; mais aussi les 9 milliards que nous devrions être d'ici 2050. Cette voie, c'est l'éco-économie.

 

L'éco-économie est un concept à la fois révolutionnaire et multimillénaire, qui consiste à utiliser au mieux les ressources. Economiser l'eau. Multiplier les usages d'une même ressource et tirer profit de ce qui nous semble aujourd'hui être un déchet. Nourrir les ruminants avec les résidus de culture, comme l'Inde le met en oeuvre aujourd'hui, au lieu de laisser pourrir ces derniers. Utiliser le fumier de ces ruminants comme engrais ou comme combustible. Elever des poissons dans les rizières, pour profiter doublement de toute cette eau dépensée, comme cela est pratiqué en Chine. D'autant que les déjections des poissons  fertilisent la terre. Chaque système agricole peut voir sa productivité ainsi multipliée.

 

A l'opposé de l'agriculture productiviste que l'on nous a donné comme modèle, ce concept est probablement l'avenir de la production agricole.

 

 

"Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors vous découvrirez que l'argent ne se mange pas."
Proverbe amérindien.

 

 

 

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 12:22

zellige_de_Fes.jpgConnus dans le monde entier pour la magnificence et la finesse de leurs céramiques, les artisans zelligeurs de Fès craignent aujourd'hui pour leur art. Ils ont manifesté lundi pour dénoncer une situation matérielle de plus en plus difficile et demander le soutien des autorités. «Nous sommes payés à 70 DH [7 €, n.d.b] la journée. Nous ne bénéficions d’aucune couverture sociale… et notre situation se détériore de jour en jour et nous chômons dans la plupart du temps», a déclaré l’un d’entre eux au journal l'Economiste. De fait, la plupart d'entre eux ne sont pas déclarés et sont donc écartés du droit au salaire minimum, aux congés annuels et aux prestations sociales.

 

Conséquence de cette précarité, c'est leur savoir-faire multiséculaire qui est aujourd'hui en danger, affirment les zelligeurs.

 

Cette perspective ne doit pas être prise à la légère : en perdant l'art du "zellige" (céramique), c'est un peu de son histoire et de son identité que le Maroc perdrait. Il faut tout faire pour préserver cet artisanat de prestige.

 

Pour en savoir plus:

http://www.leconomiste.com/article/893019-f-sartisanat-les-zelligeurs-en-col-re

http://www.lesoir-echos.com/les-zelligeurs-de-fes-se-rebiffent/societe/49177/

 

 

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 23:51

marocexport-copie-1.jpgLe constat est sans appel : l'offre exportable du Maroc est insuffisante en volume et en diversité, et peu rentable. Seuls les phosphates  sauvent la mise : ils représentent à eux seuls un quart à un tiers du volume des exportations marocaines !

Résultat, les exportations n'arrivent pas à la hauteur des importations, ce qui crée un déficit structurel de la balance commerciale du pays. Une telle situation, dans un pays si riche en savoirs-faire artisanaux ancestraux, en ingéniosité, et où le commerce est si développé, semble paradoxale.

 

Conscient de la faiblesse structurelle de l'offre exportable, le Département du Commerce extérieur marocain a lancé une grande enquête pour mieux la connaître. Il s'agit d'élaborer un cartographie de tous les produits et services marocains pouvant être exportés, par région et par secteur. Ce qui lui permettra de mieux accompagner les entreprises exportatrices ou potentiellement exportatrices.

 

Cette cartographie pourrait ainsi constituer un premier pas vers une définition des potentialités propres de chaque région. On pense tout de suite à l'argan dans la région d'Agadir et d'Essaouira, à l'artisanat à Fès, à la confection à Tanger, au tourisme sur les côtes méditerranéenne et atlantique.  Mais d'autres produits et services exportables pourraient être identifiés, comme les services informatiques et les centres d'appel à Casablanca, le palmier à Zagoura, l'électricité solaire à Ouarzazate, etc, etc...

 

On peut souhaiter que cette étude donne aux acteurs concernés l'envie d'aller beaucoup plus loin. Car c'est à chaque territoire de miser sur ses ressources propres, qu'elles soient naturelles ou humaines, pour se vendre à l'étranger et à l'intérieur des frontières marocaines. Et se donner ainsi l'élan de son propre développement. Pour se faire, tout le monde devra travailler main dans la main : entreprises, régions, Etat, collectivités locales, associations, syndicats, associations, population...

 

Pour en savoir plus:

http://www.lematin.ma/journal/Commerce-exterieur_Une-cartographie-de-l-offre-exportable-marocaine/164700.html

http://www.maroc-trade.gov.ma/aLaUne.aspx?alauneId=5

http://www.tropheesexportation.ma/Exportateurs.aspx?c=1&id=2

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 13:04

conf_PNUD2.jpgLe Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a partiellement revu  ses priorités suite aux printemps arabes qui ont éclatés l'année dernière. Helen Clark, administratrice du PNUD,  a précisé, lors d'une visite au Maroc fin mars, la nouvelle démarche suivie par son organisation pour atteindre les objectifs du Millénaire dans les pays de la région . L’inclusion sociale et économique, notamment celle des jeunes, la décentralisation et la gouvernance démocratique, la préservation de l’environnement et l’équité des genres sont les thèmes prioritaires du PNUD pour les pays arabes. Le programme des Nations Unies  tient à accompagner les gouvernements et à leur fournir un appui pour mettre en place les actions appropriées suite aux printemps arabes.

 

Le Maroc présentant une configuration particulière, avec une évolution pacifique des institutions, le PNUD se concentrera particulièrement sur le fait "d’accompagner le Royaume dans son effort d’inclusion sociale, équité et emploi, avec un intérêt particulier à l’équité du genre et à la jeunesse marocaine, sur des bases démocratiques et de bonne gouvernance", a déclaré Helen Clark. Le PNUD souhaite enfin que les efforts soient redoublés en matière de scolarisation et de santé maternelle.

 

les Objectifs du Millénaire pour le Développement

 

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement visent, d'ici 2015, à éliminer la pauvreté dans le monde. Et en particulier, à :

- Réduire l'extrême pauvreté et la faim

- Assurer l'éducation primaire pour tous

- Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes

- Réduire la mortalité infantile

- Améliorer la santé maternelle

- Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d'autres maladies

- Préserver l'environnement

- Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

 

Ces objectifs sont fixés à l'échelle mondiale et connaissent une déclinaison particulière selon les pays, en fonction de leur problématiques propres.

 

Pour en savoir plus :

http://www.lematin.ma/journal/Realisation-des-OMD-dans-les-pays-arabes_Le-PNUD-s-invite-au-Royaume-pour-accompagner-le-changement/164712.html

http://www.un.org.ma/spip.php?article1984

 

 

 

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 20:52

maisondesassociations-copie-1.JPG Les associations et ONG marocaines vont désormais devoir rendre des comptes. C'est, en substance, le message du ministre des Relations avec le Parlement et la société civile, Lahbib Choubani, lors d’une table ronde sur le «rôle des associations dans la législation».

Il était temps. Car le monde associatif concentre sur lui un faisceau de critiques. Le manque de compétences, l'appât du gain, la mauvaise gouvernance, le manque de transparence et le détournement de l'action associative au profit de l'action politique, sont les principaux reproches qui lui sont adressés.

Certes, ils ne sauraient caractériser l'ensemble des ONG marocaines, dont certaines font un travail remarquable, tant dans  la vie communautaire que dans le social et le domaine des droits de l'Homme. Il est toutefois certain que si l'on considère les associations marocaines dans leur ensemble, leur efficacité pourrait être largement améliorée.

 

Lahbib Choubani a indiqué que la gouvernance des associations sera l'un des grands chantiers auquel son équipe va s'attaquer.  Car certains chiffres laissent rêveurs. Une étude du Haut commissariat au plan, datant de 2007, a montré que près de 80 % du montant de 8,8 milliards de DH qui a été alloué aux ONG marocaines a été destiné à seulement 10% d’entre elles. Pire, 97% des associations ne présentent à l’Etat aucun document concernant leur gestion financière ou leur activité.

 

Parallèlement, de très nombreuses associations rencontrent des difficultés, entre faible structuration dû à leur jeune âge (4 ans d'existence en moyenne en 2007), manque de financement (puisque 90 % d'entre elles se partagent 20 % des moyens) et manque de ressources humaines qualifiées, puisqu'elles comptent principalement sur des bénévoles.

 

Améliorer leur gouvernance, leur transparence, leur expertise, et définir clairement les champs de l'associatif et du politique, serait  redonner aux ONG une crédibilité au sein de la population. Et cela est nécessaire, car les associations sont une force vive de la société civile capable d'exprimer sa voix.

Le ministre semble  en être conscient : il a annoncé qu'une nouvelle législation sera préparée au cours des prochains mois pour encadrer le monde associatif, et les associations elles-mêmes sont invitées à participer à la réflexion.

 

 

Pour en savoir plus :

http://www.leconomiste.com/article/892899-ong-bient-t-le-grand-m-nage

http://www.aufaitmaroc.com/maroc/societe/2011/12/22/jeunes-peu-de-moyens-mais-une-force-de-travail--non-negligeable

http://www.panoramaroc.ma/fr/index.php/presse-quotidienne/societe/social/3801-lahbib-choubani-80-des-subventions-publiques-90-millions-dh-sont-repartis-entre-10-des-associations

 

 

 

 

 

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 21:50

5_dirhams.jpgLa faiblesse de l'épargne marocaine est dans le collimateur du gouvernement Benkirane. L'écart se creuse de plus en plus entre le montant épargné par les Marocains (29 % du PIB) et l'investissement (37 %). Un déséquilibre inquiétant...

 

Idéalement, le niveau d'épargne des ménages devrait en effet être identique au niveau d'investissement des entreprises à l'échelle nationale. Cela permettrait aux investisseurs de disposer d'une source de liquidités souple, abondante et bon marché. Alors qu'actuellement, ils doivent se financer en grande partie sur les marchés internationaux, avec les coûts et les contraintes que cela engendre, notamment en termes de change. Une situation qui aggrave le déficit budgétaire et crée une dépendance  vis-a-vis de l'extérieur, avec ses risques pour la souveraineté nationale.

 

Cette faiblesse de l'épargne n'est pas seulement marocaine : on la retrouve  dans tout le continent africain. Ce qui n'est pas sans inquiéter l'ONU. Un rapport de 2007 de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) mettait ainsi le doigt sur le problème [voir lien]. 

 

Au Maroc, les mesures incitatives prises par le gouvernement précédent au bénéfice des principaux produits d’épargne (logement, formation, retraite…) n'ont guère eu de succès. Il y aurait pourtant une mesure de bon sens à prendre pour augmenter le taux d'épargne disponible pour l'économie. Car en réalité, la plupart des familles ont de l'argent de côté. Quand les revenus sont irréguliers, ce qui est le cas d'une grande partie des Marocains, avoir un "bas de laine" rempli joue le rôle d'assurance pour les périodes difficiles.

Dès lors, pourquoi ne retrouve-t-on pas cet argent dans le système financier? Tout simplement parce qu'à peine 47 % des ménages détenaient un compte bancaire en 2010, selon la banque centrale. Surtout, ils ne sont que 6 % en zone rurale !

 

Pour les exclus du système bancaire, épargner auprès des associations de microcrédit serait la solution. Ils pourraient ainsi mettre leur argent à l'abri, tenter de se constituer un petit capital. Or, contrairement à la plupart des pays du monde dans lesquels la microfinance est développée, les institutions de microfinance marocaines n'ont pas le droit de faire de microépargne ! Une situation incompréhensible. Modifier la loi permettrait certainement de mobiliser une grande partie de l'épargne dormante.

 

 

Pour en savoir plus :

http://www.lesoir-echos.com/lepargne-interieure-le-grand-absent/economie/48651/

http://www.maghrebemergent.com/finances/68-maroc/752-maroc-la-bancarisation-point-faible-du-secteur-financier.html

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 12:17

SMI.jpg A Imider, un petit village berbère perdu du Sud marocain, à 200km de Ouarzazate, la Société métallurgique d’Imider (SMI) exploite l'une des plus grandes mines d'argent d'Afrique. Une richesse dont les habitants ne voient que l'ombre. Privés d'hôpitaux, de routes, d'écoles, ils affirment que de surcroît, la mine pollue leur eau et assèche la riche nappe phréatique de la région. Au détriment de leur petite agriculture de subsistance.

Trop, c'est trop. Les habitants d'Imider se sont révoltés contre la mine, qui appartient indirectement au puissant holding royal ONA. Ils ont fermés les vannes du puit et occupent le terrain. Leurs revendications ?  Que 75 % des postes de la mine soient réservés aux habitants de la région. Et que la SMI cesse de surexploiter la nappe phréatique et de rejeter une pollution très toxique à base de mercure et de cyanure, utilisés pour le traitement du minerai.

Avec la direction, l'incompréhension semble totale : la SMI affirme que les demandes des habitants d'Imider sont irréalistes et les impacts de la mine, non prouvés.

 

Quoi qu'il en soit en réalité, le cas d'Imider pose la question des retombées des richesses du sol sur le territoire qui les a produits. Comment accepter qu'une région produisant une telle fortune puisse se trouver à ce point à l'écart du développement, sans même une route et des infrastructures de base?

 

 

Pour en savoir plus sur le cas d'Imider :

http://www.yabiladi.com/articles/details/9313/maroc-habitants-d-un-village-berbere.html

http://musique.arabe.over-blog.com/article-imider-maroc-des-villageois-se-revoltent-contre-la-mine-du-roi-mohammed-vi-101328184.html

 

 

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