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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 21:50

5_dirhams.jpgLa faiblesse de l'épargne marocaine est dans le collimateur du gouvernement Benkirane. L'écart se creuse de plus en plus entre le montant épargné par les Marocains (29 % du PIB) et l'investissement (37 %). Un déséquilibre inquiétant...

 

Idéalement, le niveau d'épargne des ménages devrait en effet être identique au niveau d'investissement des entreprises à l'échelle nationale. Cela permettrait aux investisseurs de disposer d'une source de liquidités souple, abondante et bon marché. Alors qu'actuellement, ils doivent se financer en grande partie sur les marchés internationaux, avec les coûts et les contraintes que cela engendre, notamment en termes de change. Une situation qui aggrave le déficit budgétaire et crée une dépendance  vis-a-vis de l'extérieur, avec ses risques pour la souveraineté nationale.

 

Cette faiblesse de l'épargne n'est pas seulement marocaine : on la retrouve  dans tout le continent africain. Ce qui n'est pas sans inquiéter l'ONU. Un rapport de 2007 de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) mettait ainsi le doigt sur le problème [voir lien]. 

 

Au Maroc, les mesures incitatives prises par le gouvernement précédent au bénéfice des principaux produits d’épargne (logement, formation, retraite…) n'ont guère eu de succès. Il y aurait pourtant une mesure de bon sens à prendre pour augmenter le taux d'épargne disponible pour l'économie. Car en réalité, la plupart des familles ont de l'argent de côté. Quand les revenus sont irréguliers, ce qui est le cas d'une grande partie des Marocains, avoir un "bas de laine" rempli joue le rôle d'assurance pour les périodes difficiles.

Dès lors, pourquoi ne retrouve-t-on pas cet argent dans le système financier? Tout simplement parce qu'à peine 47 % des ménages détenaient un compte bancaire en 2010, selon la banque centrale. Surtout, ils ne sont que 6 % en zone rurale !

 

Pour les exclus du système bancaire, épargner auprès des associations de microcrédit serait la solution. Ils pourraient ainsi mettre leur argent à l'abri, tenter de se constituer un petit capital. Or, contrairement à la plupart des pays du monde dans lesquels la microfinance est développée, les institutions de microfinance marocaines n'ont pas le droit de faire de microépargne ! Une situation incompréhensible. Modifier la loi permettrait certainement de mobiliser une grande partie de l'épargne dormante.

 

 

Pour en savoir plus :

http://www.lesoir-echos.com/lepargne-interieure-le-grand-absent/economie/48651/

http://www.maghrebemergent.com/finances/68-maroc/752-maroc-la-bancarisation-point-faible-du-secteur-financier.html

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Published by Cécile Bredelet - dans Maroc
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