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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 16:35

ecoliere tableau noir

Mohamed El Ouafa, le nouveau ministre marocain de l'Education, semble vouloir faire souffler un vent de renouveau dans l'enseignement public. A l'heure du bilan du Plan d'Urgence 2009-2012, l'une des premières décisions du nouveau ministre a été d'annuler des modèles d'écoles élitistes qui avaient été créés avec l'argent public, comme l'«école de l’excellence» censée réunir les meilleurs élèves et professeurs, ou encore le «lycée de référence». Pour El Ouafa, tous deux sont «contraires à l’école de l’égalité des chances».

Voici qui est encourageant. Mais cela suffira-t-il à refaire de l'école publique une école où il est bon d'inscrire ses enfants? Car à l'heure actuelle, la qualité de l'éducation nationale est à ce point dégradée que la plupart des Marocains qui en ont les moyens, et même ceux qui ne les ont pas, s'empressent d'inscrire leurs enfants dans l'enseignement privé. Plus de 10 % des enfants étaient inscrits dans les écoles privées en 2010, malgré un coût prohibitif et une qualité parfois contestable.

 

Certes, le bilan des précédents gouvernements n'est pas entièrement négatif. Dans un pays qui compte encore près de 40 % de personnes ne sachant ni lire, ni écrire, la bataille contre l'analphabétisme est en bonne voie d'être gagnée pour la nouvelle génération. Quelque 97,5 % des enfants de 6 à 11 ans allaient à l'école en 2010-2011, selon les chiffres officiels.

 

Reste que, pour assurer au pays son "avenir intellectuel", selon les mots du ministre, il reste de douloureuses questions à aborder. Celle de la formation, de la rémunération et de l'évaluation des enseignements, tout d'abord. Car comment imaginer qu'un professeur sous-payé, mal formé et sans contrôle pourrait faire du bon travail ?

La question de la langue, ensuite. Le français reste la langue de l'élite, et celle de beaucoup de filières de l'enseignement supérieur, même si elle n'a aucune existence officielle au Maroc. Un état de fait qui creuse encore le fossé entre les classes sociales. Depuis l'arabisation de l'enseignement secondaire à partir des années 80, aucun ministre de l'Education n'a eu le courage d'aborder de front cette question. Il le faudra pourtant. C'est, Monsieur le ministre, une question d'égalité des chances.

 

Pour en savoir plus :

http://www.leconomiste.com/article/891571-enseignementplan-d-urgencepremi-res-victoires-contre-l-abandon-scolaire

http://www.lesoir-echos.com/premier-grand-oral-pour-el-ouafa/societe/45493/

http://www.actuel.ma/Dossier/Enseignement_prive_Le_piege_/528.html

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Published by Cécile Bredelet - dans Maroc
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